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La justice américaine bloque une loi d'Alabama interdisant l'avortement

La justice américaine bloque une loi d'Alabama interdisant l'avortement
Des manifestantes pro-choix à Birmingham, en Alabama le 19 mai 2019Seth HERALD

La justice américaine a bloqué mardi l'entrée en vigueur d'une loi d'Alabama interdisant aux femmes de cet Etat conservateur et religieux d'avorter, même en cas de viol ou d'inceste.

La loi, adoptée en mai, assimile l'avortement à un homicide et prévoit une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins qui pratiqueraient quand-même des interruptions volontaires de grossesse, sauf en cas d'urgence vitale pour la mère ou d'"anomalie létale" du foetus.

Ce texte "viole clairement la jurisprudence de la Cour suprême" et "la Constitution" des Etats-Unis, a toutefois estimé le juge Myron Thompson qui a décidé de bloquer son entrée en vigueur, prévue en novembre, en attendant un examen de fond du dossier.

En 1973, la Cour suprême des Etats-Unis a décidé de légaliser le droit d'avorter et a ensuite précisé que les femmes pouvaient interrompre leur grossesse tant que le foetus n'est pas viable (soit environ pendant 24 semaines).

La puissante association de défense des libertés civiles ACLU et celle de planning familial Planned Parenthood, qui avaient saisi la justice, ont salué une "victoire pour l'Alabama" et "la nation entière" et ont promis de continuer à se battre contre une offensive conservatrice qui "vise à rendre l'avortement illégal aux Etats-Unis".

La loi de l'Alabama est la plus restrictive d'une série de mesures adoptées dans plusieurs Etats conservateurs du centre et du sud du pays (la "Bible Belt") depuis le début de l'année. Ces textes, qui interdisent d'avorter dès les premiers battements de coeur du foetus ou à 8 semaines de grossesse, ont jusqu'ici tous été bloqués en justice.

L'objectif affiché de leurs promoteurs est à plus long terme: il s'agit, à force de recours, de fournir un motif à la Cour suprême de se saisir à nouveau du sujet. Ils misent sur les nouveaux juges nommés par le président républicain Donald Trump pour qu'elle revienne en arrière.

Cette offensive a suscité la mobilisation des milieux progressistes, notamment d'Hollywood qui a menacé d'arrêter les tournages dans l'Etat de Géorgie, où une loi comparable a été adoptée. Les Pussy Riots, groupe contestataire et féministe russe, ont joué à guichets fermés en juillet en Alabama pour soutenir le droit à l'avortement dans cet Etat.

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