Le médiatique Larry Kudlow devient conseiller économique de Trump

Le médiatique Larry Kudlow devient conseiller économique de Trump
Larry Kudlow, un chroniqueur économique conservateur, le 8 mars 2018 à New York sur le plateau de la chaîne CNBCBryan R. Smith

Larry Kudlow, un chroniqueur économique conservateur que Donald Trump a nommé en tant conseiller économique en chef, est un fan de la politique économique présidentielle, mais aussi un franc-tireur.

"Larry Kudlow a accepté l'offre qui lui a été proposée d'être l'assistant du président pour la politique économique et directeur du National Economic Council (NEC)", a indiqué mercredi la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders, confirmant des informations de presse.

"C'est un honneur", a commenté aussitôt le populaire chroniqueur de la chaîne économique CNBC après s'être entretenu plusieurs jours d'affilée avec Donald Trump notamment sur les motivations de sa politique commerciale protectionniste.

Car tout comme Gary Cohn, l'ex-banquier de Goldman Sachs qui a quitté la Maison Blanche parce qu'il s'opposait aux taxes sur l'acier, Larry Kudlow, un soutien de Trump de la première heure, n'est cependant pas un convaincu du bien-fondé de taxes protectionnistes.

"Je le connais depuis longtemps. Nous ne sommes pas d'accord sur tout. Mais c'est bien, j'aime avoir des opinions divergentes", avait reconnu Donald Trump la veille. Mais il a assuré que Larry Kudlow avait "un peu modifié sa position sur les tarifs douaniers" en reconnaissant leur utilité en tant qu'instrument de négociations commerciales.

Sur CNBC mercredi, Larry Kudlow a affirmé que l'objectif du président américain était de former "une coalition commerciale" contre la Chine.

Le National Economic Council (NEC), à la tête duquel M. Kudlow va remplacer Gary Cohn, est une instance de coordination de la mise en place de la politique économique créée en 1993, à laquelle participent les hauts responsables des ministères et de nombreux experts dans différents domaines.

Larry Kudlow, 70 ans, avait déjà été pressenti pour ce rôle peu après l'élection de Donald Trump qui lui avait finalement préféré un banquier à l'expérience solide.

- Vulgarisateur -

Si M. Kudlow est un économiste et historien de formation, il ne représente pas l'économiste universitaire traditionnellement appelé à ce type de rôle. Il est plus connu pour son image de vulgarisateur et de commentateur économique à la télévision, dont 25 ans sur la chaîne CNBC.

Ses interventions au style exubérant, direct, optimiste et résolument libéral font preuve d'un sens de l'humour qui a fait de lui une figure familière et populaire de la chaîne financière.

En 2007 toutefois, alors que la bulle immobilière commence à éclater, il assurait à son public qu'il n'y aurait pas de récession aux Etats-Unis.

Il a été membre de l'administration Reagan dans les années 80 dont cinq ans au Bureau du Budget de la Maison Blanche (OMB).

C'est à cette époque "reaganienne" qu'il adhère à l'approche économique axée sur l'offre ("supply-side economics"). Cette doctrine stipule que réductions d'impôts et dérégulation dopent la croissance, une voie que suit aujourd'hui l'administration Trump avec détermination.

Dans le secteur privé, il a été l'économiste en chef de la banque Bear Stearns de 1987 à 1994.

En 2016, M. Kudlow a pris parti pour Donald Trump dans la campagne présidentielle soutenant les projets de construction du mur et les coupes d'impôts. Il était devenu un conseiller "informel" du président Trump.

Marié trois fois, M. Kudlow a reconnu avoir suivi un traitement dans les années 90 pour un problème d'alcoolisme et de dépendance à la cocaïne.

C'est un converti au catholicisme.

Intéressé par la politique, des rumeurs l'avaient donné candidat à un poste de sénateur du Connecticut en 2009 mais il y avait renoncé.

Visiblement ému mercredi, il a remercié la chaîne d'informations financières de lui avoir "donné une seconde chance" dans sa carrière après ses problèmes d'addiction. "Ma vie a connu beaucoup de tournants. Là, je suis sobre et exempt (de drogues) depuis 23 ans", a-t-il lâché ajoutant que cette nouvelle fonction était le fruit de "quarante ans de travail".

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