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Le pape appelle à transformer une Eglise figée qui éloigne les jeunes

Le pape appelle à transformer une Eglise figée qui éloigne les jeunes
Le pape François célèbre une messe à l'ouverture du synode des jeunes au Vatican le 3 octobre 2018Tiziana FABI

Le pape François a ouvert mercredi un synode d'évêques du monde entier en appelant à "transformer" les structures parfois figées de l'Eglise qui éloignent les jeunes.

Le souverain pontife, qui célébrait mercredi matin sur la place Saint-Pierre une messe lançant un synode de quatre semaines consacré aux jeunes, a souhaité aussi la bienvenue à "deux confrères évêques de la Chine continentale", une première à un synode.

La présence de ces deux évêques membres de l'Association patriotique catholique chinoise (contrôlée par le pouvoir), est la conséquence d'un accord historique scellé le 22 septembre entre le Vatican et la Chine sur la nomination des évêques. A la fin de la messe, une courte prière en chinois a résonné sur la place.

Le synode peut "transformer ces structures qui aujourd'hui nous paralysent, nous séparent et nous éloignent des jeunes, les laissant exposés aux intempéries et orphelins d'une communauté de foi qui les soutienne", a estimé le pape dans son homélie matinale.

Le synode compte quatre présidents délégués du bout du monde, des cardinaux d'Irak, de Madagascar, de Birmanie et de Papouasie Nouvelle Guinée, pays avec une grande proportion de jeunes confrontés à la misère, aux conflits ou à un statut de minorité religieuse, une façon de ne pas limiter les débats aux seuls problématiques sociétales occidentales.

Pour le pape, l'espérance des jeunes incite à rompre avec "le conformisme du +on a toujours fait ainsi+". "La même espérance nous demande de travailler pour renverser les situations de précarité, d'exclusion et de violence, auxquelles sont exposés nos enfants", a-t-il ajouté.

Jorge Bergoglio a demandé aux prélats de ne pas "tomber dans une position moralisante ou élitiste" et ne pas se complaire dans "des idéologies abstraites" typiques du "cléricalisme", cette tentation du clergé à vivre en vase clos sans écouter les fidèles, et revendiquer une forme de pouvoir.

Un thème qu'il a repris en ouvrant dans l'après-midi les travaux, semblant faire référence à la grave crise de confiance que traverse l'Eglise après des révélations en cascade sur les abus sexuels du clergé.

"Le cléricalisme est une perversion et est la racine de nombreux maux dans l’Eglise: nous devons en demander humblement pardon et surtout créer les conditions pour qu’ils ne se répètent pas", a-t-il aussi déclaré.

François a demandé aux participants de garder le regard fixé "sur le bien et le mal", ce "qui souvent ne fait pas de bruit, n'est pas le thème des blogs et ne fait pas la une des journaux".

Le pape n'a pas pour l'instant répondu aux allégations relayées sur des blogs conservateurs de Mgr Carlo Maria Vigano, selon lesquelles il aurait, longtemps, sciemment ignoré les agissements d'un cardinal américain soupçonné d'abus sexuels sur des séminaristes et des prêtres.

Ils sont 267 "pères synodaux" (cardinaux, évêques, patriarches chrétiens, membres de la Curie, religieux), 23 experts et 34 jeunes âgés de 18 à 29 ans, écoutés par 49 auditeurs dont une poignée de femmes, à participer au synode. Réunie du 3 au 28 octobre, cette assemblée doit produire un document final consultatif.

Le pape a provoqué les rires en soulignant que ce type de document "est en général lu par un petit nombre et critiqué par beaucoup", d'où la nécessité de "propositions pastorales concrètes".

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