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Les cryptomonnaies, un univers mystérieux que Facebook veut bouleverser

Les cryptomonnaies, un univers mystérieux que Facebook veut bouleverser
les monnaies numériques, dont la plus célèbre est le bitcoin, sont complexes et instables, autant de freins à leur adoption en masse que Facebook entend lever avec LibraLionel BONAVENTURE

Complexes, méconnues du grand public et entachées d'une réputation parfois sulfureuse, les monnaies numériques, dont la plus célèbre est le bitcoin, sont aussi très instables, autant de freins à leur adoption en masse que Facebook entend lever avec Libra.

Cette nouvelle cryptomonnaie sera gérée par une organisation indépendante et garantie par des devises traditionnelles, de façon à devenir une monnaie fiable, stable et acceptée dans le monde entier.

Les "cryptos", comment ça marche?

L'idée de base est de pouvoir effectuer des paiements en ligne directement d'un tiers à un autre sans passer par une institution financière et en s'affranchissant de la barrière des différentes devises.

Pour se servir d'une monnaie virtuelle, comme Libra, il faut installer sur son smartphone un porte-monnaie numérique. Facebook est en train de mettre au point le sien, Calibra, qui sera directement intégré à ses deux plateformes de messageries Messenger et WhatsApp.

Ce portefeuille virtuel est relié à un compte bancaire ou une carte de crédit si l'on en a, pour envoyer de l'argent ou faire des achats en ligne.

Les cryptomonnaies sont nombreuses (bitcoin, monero, ethereum...) et sont basées sur la technologie "blockchain" (chaîne de blocs), sorte d'immense registre numérique public et infalsifiable qui rend le transfert anonyme et sécurisé. Des ordinateurs répartis dans le monde entier valident et enregistrent les transactions de façon décentralisée.

Mais cet anonymat a aussi attiré les criminels, qui peuvent ainsi monnayer drogues ou armes sur la partie cachée d'internet, le Darknet, et blanchir des fonds illicites tandis que des plateformes de gestion de cryptomonnaies ont déjà été victimes de piratages répétés.

Parce que beaucoup ne sont adossées à aucun actif "réel", la volatilité de certaines cryptomonnaies reste aussi un frein à son adoption et en a fait un outil spéculatif: le bitcoin, qui ne valait quasiment rien au départ en 2009 a atteint 19.511 dollars, fin 2017 avant de retomber. Il vaut environ 9.000 dollars actuellement.

D'où l'idée de faire de Libra un "stablecoin", une monnaie virtuelle adossée à un panier de devises réelles censé en garantir le cours.

A quoi ça sert?

Libra est conçue comme un système ouvert --son code informatique est accessible à tous-- ce qui veut dire que toute entreprise ou service peut potentiellement l'accepter et l'intégrer à son dispositif comme moyen de paiement.

Calibra pourra servir à envoyer de l'argent à ses proches dans un autre pays ou faire des achats en ligne ou dans le monde réel, de la même façon qu'Apple Pay.

Dans le cas de Facebook, le nombre d'usagers potentiels de Libra est énorme puisque WhatsApp et Messenger ont chacun plus d'un milliard d'utilisateurs dans le monde, y compris dans des pays pauvres où la population n'a pas forcément de compte bancaire et peu, voire pas, accès au système financier et au commerce en ligne.

"Progressivement, à mesure que grandit l'écosystème Libra et qu'elle est intégrée à des produits et services, on pourra faire de plus en plus de choses avec Libra", assure Kevin Weil, un des responsables de Calibra.

Comment obtenir des Libra?

Les personnes sans compte bancaire pourront aller dans un bureau de change ou chez un commerçant pour convertir leurs devises en Libra.

Une fois dans le smartphone, les Libra pourront être envoyées de la même façon qu'un message instantané et les destinataires pourront soit les conserver dans leur propre porte-monnaie virtuel soit les convertir en monnaie locale.

Les taux de change dépendront du marché des changes mais devraient vraisemblablement revenir moins cher que les transferts traditionnels.

Libra est donc censée répondre à plusieurs limites du transfert d'argent actuellement, qui peut être très coûteux en frais et dans tous les cas forcément libellé dans une devise en particulier, ce qui peut compliquer les échanges internationaux.

Il n'y a pas de commission prélevée par Facebook dans les transactions effectuées en Libra.

Calibra dispose de protections anti-fraude et est protégé par mot de passe. Les utilisateurs devront d'abord justifier de leur identité via un document officiel.

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