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Les Irlandais aux urnes pour un référendum historique sur l'avortement: en cas de viol "je suis pour l'avortement mais pas dans les autres cas"

Les Irlandais aux urnes pour un référendum historique sur l'avortement: en cas de viol

Les Irlandais se prononcent aujourd’hui par referendum sur une libéralisation de l’avortement. Le oui pourrait l’emporter de justesse, ce qui serait une révolution dans un pays encore très catholique, et qui possède jusqu’ici une des législations les plus restrictives d’Europe sur le droit d’avorter.

Près de 3,5 millions d'Irlandais sont appelés à se prononce aujourd'hui, pour ou contre la libéralisation de l'avortement dans un référendum historique pour ce pays de tradition catholique qui avait massivement voté pour le mariage homosexuel en 2015.

Les bureaux de vote ouvrent de 7h GMT à 22h GMT, avec interdiction de faire campagne à proximité des écoles où se déroule le scrutin, même si les accessoires devenus tendance tels que les badges et les pulls promouvant l'un ou l'autre camp sont tolérés.

La libéralisation de l'IVG pourrait être acquise mais de justesse. Il y a encore beaucoup d'indécis dans ce pays où la législation est parmi les plus restrictives d'Europe.


"Les Irlandais sont comme moi, ils voteront non"

Dans certains villages en tout cas, c'est quasiment le non assuré. C'est notamment le cas à Roscommon, une commune considérée comme la plus conservatrice d'Irlande. "Il est temps que ça change. Personne n'aide ces femmes. Ici, c'est dur de changer la mentalité des gens, surtout les plus âgés", avoue une habitante. 

Le comté de Roscommon enregistre la plus forte densité de retraités du pays. La plupart sont catholiques et fidèles aux valeurs traditionnelles de l'église. 

"Ici c'est vraiment l'Irlande. Les Irlandais sont comme moi, ils voteront non", confie l'une d'entre elles, au micro de Julien Frautrat pour Bel RTL.


Contre la libéralisation de l'avortement 

A moins de 60 kilomètres, pas une affiche en faveur du "oui" au référendum ne trône. Dans certains jardins, des panneaux sont plantés avec inscrit "No" en lettres majuscules.

Paul a toujours su qu'il se prononcerait contre la libéralisation de l'avortement. "Tous ces bébés nés doivent avoir quelqu'un qui les défend. Mon avis a un peu changé si une femme a été violée. Dans ce cas, je suis pour l'avortement mais pas dans les autres cas", affirme-t-il. 

La consultation pose précisément la question de l'abrogation du 8e amendement de la constitution irlandaise, introduit en 1983, qui interdisait l'avortement jusqu'à une réforme votée en 2013 permettant des exceptions lorsque la vie de la mère est menacée.


Une consultation qui intervient 3 ans après la législation du mariage homosexuel 

Aujourd'hui, la législation reste parmi les plus restrictives d'Europe, avec l'Irlande du Nord et Malte notamment. Le viol, l'inceste ou la malformation du foetus ne sont pas des raisons légales d'avorter.

La consultation intervient trois ans après la légalisation, par référendum également, du mariage homosexuel en Irlande, qui avait provoqué un séisme culturel dans ce pays de 4,7 millions d'habitants.

Elle traduit le déclin de l'influence de l'Église, autrefois si puissante mais aujourd'hui érodée par les bouleversements économiques et sociaux.

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