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Les migrants honduriens s'en remettent à Dieu contre Trump pour entrer aux Etats-Unis

"L'objectif, c'est d'entrer aux Etats-Unis : on va voir ce que dit Dieu", soupire Yarelin Pineda, 27 ans, en quittant la ville de Guatemala avec des centaines d'autres Honduriens déterminés à atteindre leur rêve américain, malgré les menaces du président Donald Trump de fermer la frontière.

"Personne ne va nous arrêter, car Dieu est avec nous", renchérit José, un agriculteur de 28 ans qui dit qu'il n'arrivait plus à nourrir sa femme et ses deux enfants avec les 4 dollars qu'il gagnait chaque jour.

Quelque 2.000 Honduriens partis samedi de leur pays en proie à la misère et à la violence avaient repris dans la matinée leur longue marche à travers le Guatemala en direction du Mexique, d'où ils espèrent gagner les Etats-Unis.

Après avoir passé la nuit comme Yarelin Pineda dans un refuge de l'Eglise catholique dans la capitale guatémaltèque, des centaines d'entre eux ont entrepris de parcourir les 250 km qui les séparent encore de la ville de Tecun Uman, à la frontière avec l'Etat méridional mexicain du Chiapas.

L'exode se poursuit dans des conditions difficiles, surtout pour les nombreux enfants. La pluie n'a pas cessé ces derniers jours. Des migrants brandissent des drapeaux du Honduras, d'autres poussent les plus jeunes enfants dans des landaus.

"Nous continuons à nous battre", assure Yarelin Pineda, une mère célibataire partie avec sa fille âgée de trois ans. Originaire de Tegucigalpa, sans emploi, elle explique qu'elle survivait à peine en cuisinant des galettes de maïs et en faisant la lessive des voisins.

"L'idée, c'est de continuer et de voir jusqu'où nous pouvons arriver aujourd'hui", ajoute José Medina, qui s'appuie sur des béquilles en raison d'une blessure au pied.

Ce menuisier de 27 ans a laissé sa femme et leurs trois enfants dans le département d'El Progreso, dans le nord du Honduras. Il s'est blessé en sautant d'un car qui l'avait pris en auto-stop.

Les migrants cheminaient jeudi sur la route au milieu des voitures et des camions par petits goupes épuisés, avec parmi eux des enfants, des bébés et des femmes enceintes. Quelques automobilistes donnent un peu d'argent aux migrants tandis que des habitants leur donnent de l'eau et de la nourriture.

- "Peut-être que leur coeur va s'attendrir" -

"Nous allons tenter d'entrer (aux Etats-Unis). Peut-être que leur coeur va s'attendrir et qu'ils nous laisseront entrer", espère-t-il, alors que Donald Trump veut à tout prix empêcher ces migrants de gagner les Etats-Unis.

Plusieurs centaines de migrants sont arrivés mercredi soir à Tecun Uman, à la frontière du Guatemala avec le Mexique : "Nous allons nous reposer ici en attendant l'arrivée des autres qui sont en chemin, afin de pouvoir entrer en bloc (au Mexique), comme nous l'avons fait à la frontière de Agua Caliente" entre le Honduras et le Guatemala, explique Edgar Elias, l'un des chefs de la "caravane".

Sur la frontière entre le Honduras et le Salvador, des centaines de migrants honduriens forcent aussi le passage par petits groupes, certains bravant les eaux en crue de la rivière frontalière de Goascorán, près de El Amatillo, à 200 km à l'ouest de San Salvador. Tous veulent rejoindre leurs compatriotes sur la frontière mexicaine et prendre la route des Etats Unis.

Jeudi, le président américain a menacé de fermer la frontière avec le Mexique si ce pays n'interrompait pas l'avancée des migrants.

"Je dois, dans les termes les plus fermes, demander au Mexique de stopper cette marche. Si le Mexique n'y arrive pas, je demanderai à l'armée de FERMER NOTRE FRONTIERE SUD", a rageusement twitté le président américain, qui craint de perdre la majorité absolue au Congrès aux élections de mi-mandat, dans trois semaines.

Il a accusé les Démocrates de vouloir ouvrir les frontières et de laisser ainsi entrer "beaucoup de criminels" en provenance du Guatemala, du Honduras et du Salvador. Il a également réitéré ses menaces de couper les aides financières à ces trois pays s'ils ne parviennent pas à stopper l'exode en cours.

Le secrétaire d'Etat Mike Pompeo sera jeudi au Panama, et vendredi au Mexique, pour une tournée centrée sur les problèmes migratoires.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a appelé au "respect des droits de tous les migrants et plus particulièrement des plus vulnérables".

Plus de 500.000 personnes traversent chaque année illégalement la frontière sud du Mexique pour tenter ensuite de remonter vers les Etats-Unis, selon des chiffres de l'ONU.

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