Les pays d'Afrique de l'Est appellent à maintenir la mission de l'UA en Somalie

(Belga) Trois soldats burundais ont été tués vendredi dans une attaque contre la Mission de l'Union africaine en Somalie (Amisom), que les dirigeants est-africains réunis à Kampala ont appelé à maintenir au-delà de 2020.

Sept soldats burundais ont en outre été blessés dans l'embuscade contre un convoi de l'Amisom revendiquée par les islamistes shebab, qui a eu lieu près de la localité de Jowhar, à environ 90 km au nord de Mogadiscio. Quatre soldats sont portés disparus, a indiqué le ministère de la Défense du Burundi. Les chefs d'Etat et ministres des principaux pays fournissant des troupes à l'Amisom - dont le Kenya, l'Ouganda, le Burundi, Djibouti et l'Ethiopie - ont de leur côté appelé l'ONU à revenir sur son projet de retirer les troupes de Somalie d'ici à 2020. Le calendrier de retrait "n'est pas réaliste et annulerait les progrès réalisés par l'Amisom" dans sa lutte contre les shebab, affiliés à al-Qaïda, ont-ils estimé. L'Amisom, qui a été déployée en Somalie en 2007 pour défendre le gouvernement soutenu par la communauté internationale contre les shebab, compte actuellement 21.626 hommes. Un millier d'hommes ont été retirés l'année dernière de Somalie et 1.000 autres doivent l'être d'ici à octobre 2018, selon une résolution de l'ONU d'août dernier, dans le cadre d'un plan prévoyant son retrait complet d'ici décembre 2020. Mais selon les responsables de la défense réunis à Kampala, un retrait exposerait les troupes et permettrait aux shebab de regagner du terrain. Les participants à la réunion de Kampala appellent le Conseil de sécurité des Nations unies à "réexaminer" la décision de retrait et à "restaurer" les troupes de l'Amisom pour permettre la reconquête de territoires encore sous le contrôle des shebab et donner plus de temps pour former l'armée somalienne. L'embryon d'armée nationale somalienne, mal équipée et désorganisée, n'a pour l'instant pas fait la preuve de sa capacité à assurer la paix, malgré l'entraînement qui lui est fourni par plusieurs pays étrangers. Les présidents somalien Mohammed Abdullahi Mohamed et ougandais Yoweri Museveni ont participé à la réunion, aux côtés du président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Les shebab ont été chassés de Mogadiscio en août 2011 mais poursuivent leurs actions depuis. Même s'ils ne l'ont pas revendiqué, ils ont été pointés du doigt pour l'attentat au camion piégé du 14 octobre 2017 dans le centre de Mogadiscio, le plus meurtrier de l'histoire de la Somalie, avec plus de 500 morts. (Belga)

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