LR: entre Wauquiez et Pécresse, le match est lancé

Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez ont affiché désaccords et ambitions samedi lors du Conseil national des Républicains (LR), au cours duquel le président du parti a accentué sa mainmise sur les instances, non sans remous.

Sorte de Parlement du parti réuni à la Mutualité à Paris, le Conseil national a entériné la composition de plusieurs instances stratégiques, dont le bureau politique et la Commission nationale d’investiture (CNI).

Mais c’est l’intervention de Valérie Pécresse, venue faire approuver la candidature de son mouvement "Libres" comme associé au parti, qui a retenu l’attention.

Sous les acclamations de ses partisans et les huées de ses détracteurs, la présidente de l’Ile-de-France a fait une entrée remarquée dans la salle où se déroulait le Conseil, à La Mutualité, provoquant l’agacement de son président Jean Leonetti.

La présidente de l’Ile-de-France a encore récolté des huées en plaidant l'existence de "deux droites" qui seraient "réconciliables". "Il y a une droite un peu plus conservatrice et une droite un peu plus progressiste, une droite un peu plus protectionniste et une droite un peu plus ouverte, une droite qui, à l'élection présidentielle a voté pour Emmanuel Macron et une autre qui ne l'a pas fait", a-t-elle lancé dans une ambiance électrique.

Par deux fois, lors de l’arrivée puis de la prise de parole de Mme Pécresse, Laurent Wauquiez était intervenu pour faire baisser la température. «Le temps des écuries est révolu", a-t-il ensuite rétorqué dans son discours de clôture auquel n'a pas assisté Mme Pécresse, déjà repartie.

"Je ne laisserai plus les petits chapelles et les querelles d'ego affaiblir notre famille politique". "Je ne distribue pas de postes aux enchères pour acheter le silence des uns ou des autres", a développé le patron de LR dans un propos par ailleurs offensif contre Emmanuel Macron.

Mme Pécresse «cherchait le vote contre pour montrer que l’on était sectaire », croit un membre de la direction du parti. "C'était prémédité, vraiment tout ce qu'on n'a pas envie de voir" alors qu"'il faut vraiment prendre une loupe pour voir les différences entre Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez", a plaidé la porte-parole du parti, Lydia Guirous.

Le Conseil national a donc tourné à l’épreuve supplémentaire pour le président de LR après son passage jeudi soir à "L’Emission politique" jugé réussi par ses partisans, malgré le faible score d’audience.

La nouvelle composition du bureau politique et de la Commission nationale d'investiture a également fait quelques remous. Le vice-président du Sénat Philippe Dallier a claqué la porte de la fédération de Seine-Saint-Denis qu'il dirige après avoir vu son nom absent du bureau politique, de même que le maire d'Aulnay Bruno Beschizza.

"C’est une purge. Fermeture à tous les étages", a dénoncé une autre source parlementaire LR.

Une dizaine de "conseillers politiques" seront "prochainement nommés" et intégrés au bureau politique, dont certains membres évincés comme Rachida Dati ou Michèle Tabarot, a précisé l'entourage de M. Wauquiez à l'AFP.

L'ancien président du parti Jean-François Copé se retrouve écarté de la CNI dont la présidence a été confiée à Eric Ciotti, grand rival de Christian Estrosi. Très critique envers Laurent Wauquiez, M. Estrosi, qui a lancé son mouvement "La France audacieuse", n'est plus membre du bureau politique.

Absencce notable: Florence Portelli. La maire de Taverny conteste, comme l'autre ex-candidat à la présidence Maël de Calan, une trop faible représentation de leurs proches dans les instances. M. de Calan a fait savoir qu'il ne siégerait pas à la Commission des investitures.

Le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, dont la succession agite le Vieux-Port, siégera à la Commission des recours. Le parti a aussi activé un article inusité de ses statuts en créant un "centre des études" dont la présidence va revenir à Bernard Accoyer.

"Ce conseil national de LR confirme que le parti est devenu une pétaudière et Laurent Wauquiez un autocrate qui peine à affirmer son autorité. Il devient donc autoritaire : Évictions, non-respect des statuts, sifflets, faisant ressembler les Républicains au FN de la grande époque", a raillé Agir, parti formé par des ex-LR.

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