Meurtre d'une Philippine à Koweït: peine de mort pour un couple

Meurtre d'une Philippine à Koweït: peine de mort pour un couple
Des proches de la domestique philippine Joanna Demafelis dont le corps a été retrouvé dans un congélateur à Koweit attendent le retour de son corps à l'aéroport de Manille le 17 février 2018-

Un tribunal koweïtien a condamné dimanche à mort par contumace un Libanais et son épouse syrienne pour le meurtre d'une Philippine qui a tendu les relations entre Koweït et Manille, selon une source judiciaire.

La sentence a été prononcée à l'ouverture du procès du meurtre de Joanna Demafelis, une domestique qui a disparu à 29 ans et dont le corps a été retrouvé dans un congélateur à Koweït plus tôt cette année.

Le couple peut faire appel de ce jugement s'il revient à Koweït, a déclaré, sous couvert de l'anonymat, la source judiciaire à l'AFP.

L'assassinat a ravivé une crise entre le Koweït et les Philippines, amenant Manille à interdire à ses ressortissants d'accepter des emplois de domestique dans ce pays du Golfe.

Le couple libano-syrien a été arrêté en février à Damas à la suite d'une notice d'Interpol.

Les autorités syriennes ont remis le mari, Nader Essam Assaf, aux autorités libanaises, tandis que sa femme est restée en détention à Damas.

Interrogé par l'AFP, l'ambassadeur des Philippines à Koweït Renato Pedro Ovila a évité de commenter la décision de justice mais indiqué que son pays attendait les résultats des démarches des autorités koweïtiennes pour obtenir l'extradition du couple libano-syrien.

Il a indiqué avoir négocié avec succès le retour de 4.000 Philippins qui étaient retenus pour diverses raisons à Koweït.

Les tractations continuent avec les autorités koweïtiennes pour le rapatriement de 6.000 autres Philippins qui ne disposent plus de permis de séjour dans l'émirat.

Ces tractations se déroulent avec la participation d'une délégation du ministère des Affaires étrangères des Philippines spécialisée dans les affaires des résidents philippins à l'étranger qui séjourne actuellement à Koweït.

Les groupes de défense des droits de l'Homme n'ont cessé de tirer la sonnette d'alarme en ce qui concerne la situation des migrants dans le Golfe, dont les Philippins, soumis à un système connu sous le nom de "kafala".

La kafala, ou parrainage, lie les migrants à leurs employeurs et leur interdit de quitter le pays ou de changer d'emploi sans consentement de ces derniers.

Plus de deux millions de Philippins sont employés à travers le Golfe et leurs virements constituent une manne significative pour l'économie philippine. Au Koweït, leur nombre est estimé à 252.000.

Le président philippin Rodrigo Duterte a toutefois fermement interdit aux Philippins d'aller travailler au Koweït après la découverte du corps, portant des traces de torture, de Joanne Demafelis.

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