Le nouveau chef de la diplomatie américaine s'envole pour sa première tournée internationale

Le nouveau chef de la diplomatie américaine s'envole pour sa première tournée internationale
Mike Pompeo devant la commission des Affaires étrangères du Sénat américain le 12 avril 2018 à WashingtonJIM WATSON

A peine investi, le nouveau chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est envolé pour une réunion de l'Otan à Bruxelles vendredi, avant une tournée en Arabie saoudite, Israël et Jordanie, "des partenaires clés dans la région".

Le président américain Donald Trump s'est dit "ravi" de la confirmation de l'homme qu'il a choisi pour occuper cette fonction sensible après avoir déjà fait de ce faucon, son chef de la CIA. Il devra se saisir immédiatement de deux dossiers brûlants: l'avenir de l'accord iranien et la Corée du Nord, dont il a rencontré le dirigeant récemment.

"Avoir un patriote doté du talent, de l'énergie et de l'intellect de Mike à la tête du département d'Etat sera un atout exceptionnel pour notre pays à ce moment critique dans notre histoire", a écrit Donald Trump dans un communiqué. "Il placera toujours les intérêts de l'Amérique en premier. Il a ma confiance. Il a mon soutien".

Signe de l'importance accordée à la question nord-coréenne peu avant le sommet inédit prévu d'ici début début juin entre Donald Trump et Kim Jong Un, la porte-parole de la Maison Blanche a publié peu après deux photos montrant Mike Pompeo serrant la main du dirigeant nord-coréen lors de son voyage alors tenu secret, au cours du week-end de Pâques.

"Il fera un excellent travail pour aider @POTUS (acronyme désignant le président américain) dans nos efforts pour dénucléariser la péninsule coréenne", a tweeté Sarah Sanders.

Alors chef des espions américains, Mike Pompeo avait été dépêché auprès de Kim Jong Un afin de préparer le terrain avant la rencontre avec Donald Trump, et s'était "vraiment bien entendu avec" lui, selon le président américain.

- Importants alliés -

Peu après sa confirmation au Sénat américain par 52 voix contre 47 et sa prestation de serment, le 70e secrétaire d'Etat américain a rejoint la base militaire d'Andrews, près de Washington avant de s'envoler pour Bruxelles.

"J'ai hâte de servir le peuple américain et de me mettre au travail immédiatement", a-t-il déclaré, selon la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.

Avec la réunion vendredi des ministres des Affaires étrangères de l'Otan, il se frottera directement à un volet sensible de la politique étrangère de Donald Trump, qui depuis ses premières heures de campagne électorale appelle sans relâche --et parfois vertement-- les autres membres de l'Alliance transatlantique à augmenter leurs dépenses militaires afin de réduire la participation de son plus gros contributeur, les Etats-Unis.

Puis il se rendra en Arabie saoudite, en Israël et en Jordanie. Des étapes qui soulignent "l'importance de ces alliés et partenaires clés dans la région", selon Heather Nauert.

- La guerre, en "dernier ressort" -

Ex-militaire de 54 ans, à la tête depuis janvier 2017 de l'agence de renseignement la plus puissante au monde, Mike Pompeo a traversé un épineux processus de confirmation parlementaire après sa nomination par Trump mi-mars. Il a fait face à l'opposition d'une majorité de démocrates qui dénoncent son attitude va-t-en-guerre et des propos jugés islamophobes et homophobes, ainsi qu'à l'aile libertarienne des républicains craignant ses velléités interventionnistes.

Son arrivée à la tête de la diplomatie américaine coïncide avec la nomination récente de John Bolton comme conseiller à la sécurité nationale, signe d'un durcissement de l'administration américaine

Lors de son audition de près de cinq heures par le Congrès, le 12 avril, Mike Pompeo avait affirmé son respect envers tous, sans discrimination, mais sans renier ses déclarations passées. Il avait surtout tenté de se défaire de son étiquette de faucon.

"La guerre est toujours et doit toujours être en dernier ressort", avait-il lancé.

Fort du soutien d'un Donald Trump qui l'apprécie particulièrement, ses capacités diplomatiques seront également rapidement mises à l'épreuve avec le dossier iranien.

Fervent opposant à l'accord sur le nucléaire iranien signé en juillet 2015, le président américain doit annoncer le 12 mai s'il "déchire" ce texte âprement négocié entre l'Iran et les grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), comme il l'a maintes fois promis.

Une décision qui menace les relations déjà tendues avec ses alliés européens, même si le président français Emmanuel Macron a tendu une main cette semaine en proposant la négociation d'un accord complémentaire afin de répondre à certaines revendications américaines, notamment sur le programme balistique iranien.

Mike Pompeo remplace Rex Tillerson, Texan taiseux brutalement limogé en mars, qui n'était lui jamais parvenu à se gagner la sympathie de Donald Trump.

Pendant son audition, des sénateurs, y compris des soutiens républicains, l'ont appelé à encadrer le bouillant président.

Né en Californie, sorti major de sa promotion de la prestigieuse école militaire de West Point, Mike Pompeo a fait son droit à Harvard.

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