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Minoritaire, Trudeau exclut de former un gouvernement de coalition

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Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, réélu pour un second mandat lors des élections législatives de lundi mais sans majorité absolue, a écarté mercredi l'idée de former un gouvernement de coalition mais a promis de travailler davantage avec les autres partis.

"J'ai l'intention de m'asseoir avec tous les chefs de partis dans les semaines à venir pour discuter de leurs priorités (et) de la façon dont nous pouvons travailler ensemble pour répondre aux préoccupations des Canadiens", a déclaré M. Trudeau lors de sa première conférence de presse depuis le scrutin.

"Mais je peux vous dire qu'il n'est pas du tout dans nos plans de former une coalition, formelle ou informelle" avec des partis d'opposition pour gouverner, a-t-il ajouté.

Comme pendant son premier mandat, le nouveau gouvernement sera paritaire, avec autant de femmes que d'hommes, a-t-il annoncé, et le nouveau cabinet sera présenté le 20 novembre.

Le parti libéral de M. Trudeau a remporté les élections face aux conservateurs d'Andrew Scheer, récoltant 157 des 338 sièges à la Chambre des communes, contre 121 pour ces derniers.

Les conservateurs ont cependant remporté le vote populaire, avec 34,4% des suffrages, contre 33,1% pour les libéraux, qui n'ont réussi à faire élire aucun député dans les provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan (ouest).

"Je prendrai le temps nécessaire pour vraiment réfléchir à la meilleure façon de servir les Canadiens et de travailler avec ces autres partis. Je pense que c'est ce à quoi s'attendent les gens qui ont voté pour moi et ceux qui n'ont pas voté pour moi", a souligné le Premier ministre.

Pour gouverner, Justin Trudeau devra chercher le soutien ponctuel de plus petits partis représentés à la chambre, comme le Nouveau parti démocratique (NPD) de Jagmeet Singh, le Bloc québécois (BQ) ou le Parti vert.

Avec cette élection, "les Canadiens ont envoyé un message clair: ils s'attendent à ce que leurs dirigeants travaillent ensemble sur les grands enjeux qui comptent pour eux, dont la lutte contre le changement climatique et le coût de la vie", a dit M. Trudeau.

- Oléoduc controversé -

Baisses d'impôts pour la classe moyenne, lutte contre le changement climatique, extension d'un oléoduc controversé entre les champs de sables bitumineux de l'Alberta et la côte de Colombie-Britannique seront au nombre des priorités de son nouveau gouvernement, a affirmé le Premier ministre.

Justin Trudeau a souligné que le projet d'extension de l'oléoduc Trans Mountain se poursuivrait, malgré les protestations des écologistes et des partis avec lesquels il est susceptible de devoir s'allier pour obtenir une majorité lors des votes au parlement.

"Nous avons pris la décision d'aller de l'avant avec l'extension de l'oléoduc Trans Mountain car c'était dans l'intérêt du Canada de le faire", a estimé M. Trudeau, précisant que le projet du triplement des capacités de ce pipeline était toujours d'actualité.

Le NPD, qui a remporté 24 sièges au parlement, est fermement opposé à ce projet depuis sa nationalisation, de même que le Parti vert.

Le gouvernement Trudeau a racheté le pipeline à l'américain Kinder Morgan l'année dernière pour 4,5 milliards de dollars afin de tenter de diversifier les marchés d'exportation d'une industrie pétrolière canadienne en berne, mais a déclenché la colère d'une partie de l'aile gauche de son électorat qui y voit une contradiction avec ses ambitions environnementales.

Outre les négociations qu'il devra engager avec les autres partis, Justin Trudeau devra faire face à une forte impopularité dans les provinces de l'Ouest, au coeur de la production pétrolifère.

"Je pense que les Canadiens s'attendent à ce que nous travaillions ensemble, à ce que nous nous écoutions les uns les autres, à ce que nous trouvions une façon d'aller de l'avant qui ne soit pas aussi difficile et qui ne divise pas autant que cette élection", a estimé M. Trudeau.

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