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Mondiaux d'athlétisme: des performances "diesel" au Qatar

Mondiaux d'athlétisme: des performances
Les Américaines remportent le relais 4X400 m lors des Mondiaux de Doha le 6 octobre 2019KARIM JAAFAR

Le niveau de performance des Mondiaux de Doha (Qatar) est allé crescendo jusqu'à connaître plusieurs moments d'anthologie, certains pollués indirectement par le doute du dopage.

- Le record du monde: 400 m haies -

LA course de ces Championnats: le duel attendu entre la championne olympique Dalilah Muhammad et la jeune pépite Sydney McLaughlin, toutes deux américaines, a livré une course épique.

Poussée par sa cadette de dix ans, Muhammad (29 ans) a battu le record du monde pour la 2e fois cette saison (52.16 contre 52.20), voyant McLaughlin (19 ans) finir sur ses talons (52.23), dans un temps inférieur à l'ancien record de la Russe Yulia Pechonkina (52.34 en 2003), battu donc trois fois cette année !

Autres performances stratosphériques: la victoire de la Bahreïnie Salwa Eid Naser en 48 sec 14/100, 3e temps de l'histoire derrière l'Allemande de l'Est Marita Koch et la Tchèque Jarmila Kratochvilova, les 43.48 du Bahaméen Steven Gardiner sur 400 m (6e performeur de tous les temps) et la victoire de la Vénézuélienne Yulimar Rojas au triple saut (15,37 m), 4e performance de tous les temps tout près du record du monde de l'Ukrainienne Inessa Kravets (15,50 m en 1995).

- Le dopage: entre les lignes -

Deux affaires ont pollué ces Championnats. D'abord la révélation de trois manquements à sa localisation antidopage de l'Américain Christian Coleman en août, finalement non sanctionnable, qui ont accompagné l'avènement du sprinteur sur 100 m (victoire en 9.76).

Puis la déflagration Alberto Salazar, l'entraîneur du Nike Oregon Project, suspendu quatre ans par l'antidopage américain pour "organisation et incitation à une conduite dopante interdite".

Problème ? Ses athlètes repartent de Doha avec cinq médailles, dont les titres de l'Américain Donavan Brazier sur 800 m (1:42.34, record des championnats) et de la Néerlandaise Sifan Hassan, sur 10.000 m puis 1.500 m. Cette dernière course a accouché de chronos ahurissants, Hassan devenant la 6e performeuse de tous les temps (3:51.95) derrière l'Ethiopienne Genzebe Dibaba et quatre Chinoises de l'"armée de Ma Junren", lourdement suspectées de dopage.

- Les concours: Barshim et les poids lourds -

La plus belle ambiance ? Assurément pendant la victoire du très local (il a étudié à deux pas du stade) Mutaz Essa Barshim au saut en hauteur, poussé par le public pour un retour au top après une opération de la cheville gauche.

Et quel concours du lancer du poids masculin ! Les costauds ont livré une bataille de titans d'un niveau jamais vu: l'Américain Joe Kovacs a empoché la mise au dernier essai avec un lancer à 22,91 m (3e performeur de l'histoire), pour un centimètre devant son compatriote Ryan Crouser (2e) et le Néo-Zélandais Tom Walsh (3e).

- Le suspense: fond et demi-fond -

Les coureurs de fond ont offert de superbes affrontements. Sur 5.000 m, l'Ethiopien Muktar Edris (12:58.85) a conservé son titre à l'issue d'une course d'équipe ayant permis de dominer la pépite norvégienne Jakob Ingebrigtsen (19 ans), qui a pourtant tenté de renverser la table dans le dernier tour.

Sur 3.000 m steeple, le Kényan Conseslus Kipruto s'est arraché dans un finish haletant pour devancer sur la ligne l'Ethiopien Lamecha Girma d'un centième de seconde et remporter sa 2e couronne mondiale.

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