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Mondiaux d'athlétisme: le roi Taylor, toujours en quête d'absolu

Mondiaux d'athlétisme: le roi Taylor, toujours en quête d'absolu
L'Américain Christian Taylor lors du concours de triple saut du meeting Ligue de diamant de Monaco, le 12 juillet 2019Valery HACHE

Il n'est pas rassasié: incontestable roi du triple saut depuis huit ans, l'Américain Christian Taylor a toujours autant soif de victoires avec une ambition ultime, aller chercher le mythique record du monde du Britannique Jonathan Edwards (18,29 m).

Le natif de Fayetteville (Géorgie) partira dimanche à Doha à la conquête de son 4e titre mondial, histoire de gonfler encore un peu plus un palmarès royal. Depuis son sacre initial en 2011 à Daegu (Corée du sud), l'athlète de 29 ans a quasiment tout raflé, ajoutant notamment deux médailles d'or olympiques à son impressionnante collection.

C'est bien simple, celui qui possède un record personnel à 18,21 m n'a connu qu'un seul raté durant sa carrière avec une 4e place aux Mondiaux de Moscou en 2013. Le reste du temps, il n'a rien laissé à ses adversaires.

Mais ce fervent croyant, né de parents originaires de la Barbade, a encore un vide à combler: effacer des tablettes ce qui semble inaccessible au commun des triple sauteurs, à savoir la marque du légendaire Jonathan Edwards, intouchable depuis 1995.

- "Tout ce qu'il me reste" -

"C'est pour ça que je fais ce sport, a-t-il déclaré à l'AFP lors des sélections US à Des Moines (Iowa), fin juillet. J'adore l'athlétisme, mais ce record est la seule raison pour laquelle je continue la compétition. C'est tout ce qu'il me reste (à accomplir). C'est loin mais si je n'y croyais pas, je ne serais pas là".

Le 2e meilleur triple sauteur de l'histoire a failli toucher du doigt le Graal aux Championnats du monde de Pékin en 2015, mais cette performance hors-normes n'en finit pas de lui échapper.

En 2017, Taylor avait même accepté de se rendre à Tignes, à 3.000 m d'altitude, pour réussir cet exploit mais avait largement échoué dans sa tentative (16,99). Malgré ses échecs répétés, l'Américain espère bien parvenir à ses fins aux JO de Tokyo en 2020 pour écrire une nouvelle page de l'histoire de l'athlétisme.

"Tokyo est clairement un bon endroit pour sauter, estime-t-il. Si je réussis à battre le record aux Jeux Olympiques, ce serait la cerise sur le gâteau."

Mais avant de songer au Japon, il y a un nouveau titre mondial à aller chercher pour ce fan de "soccer", qui ne rechigne pas non plus à tâter du 400 m, sa 2e discipline fétiche. A Doha, Taylor croisera une nouvelle fois le fer avec son vieux complice et compatriote Will Claye, 3e meilleur performeur de tous les temps (18,14 m) mais resté toujours dans l'ombre lors des grands rendez-vous.

- "Un compétiteur" -

"Christian est un compétiteur", témoigne Claye, qui côtoie Taylor depuis les juniors. "Il a des qualités que beaucoup n'ont pas. Je me souviens qu'une fois, lors d'une compétition de jeunes, j'étais assis sur un banc à le regarder et il avait mis tellement de puissance dans son saut que mon banc avait bougé. C'était incroyable. Il est très explosif. En plus, c'est un chambreur, quelqu'un de très fort mais très sympathique."

Personnalité attachante du circuit, Taylor s'entraîne en Floride avec Rana Reider, un coach qu'a récemment rejoint le sprinteur canadien Andre De Grasse. Il n'hésite pas non plus à se mêler du futur du premier sport olympique, à la croisée des chemins depuis la retraite du légendaire Usain Bolt et à la recherche du bon modèle pour séduire le grand public. Il a ainsi sonné l'alarme face aux velléités de réforme de la Ligue de diamant, qui comptera moins d'épreuves la saison prochaine.

"Nous devons nous battre pour notre discipline", a-t-il lâché début septembre à Bruxelles. Il n'y a pas que sur la piste que Taylor compte imposer sa loi.

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