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Universités: la police intervient à Montpellier, trois jours après Tolbiac

Universités: la police intervient à Montpellier, trois jours après Tolbiac
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Après plus de deux mois d'occupation, la police est intervenue lundi à l'université Paul-Valéry de Montpellier, en pointe de la contestation contre la loi sur l'accès aux études universitaires, trois jours après avoir levé le blocage du site parisien de Tolbiac.

Selon la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, les dégâts commis dans les universités bloquées et occupées ces dernières semaines devraient au total "dépasser le million d'euros".

Ils sont notamment estimés à 300.000 euros à l'université Paul-Valéry de Montpellier et de 200.000 à 300.000 euros à Paris-1 Tolbiac, a précisé Mme Vidal dans L’Épreuve de vérité sur Public Sénat, en partenariat avec l'AFP, Radio Classique et Les Echos. "Il est important de savoir qui a commis ces dégâts car c'est le contribuable qui va payer", a-t-elle ajouté.

Bien que dans l'opposition, la présidente (LR) du conseil régional d'Île-de-France et ex-ministre, Valérie Pécresse, a soutenu lundi la réforme "courageuse" du gouvernement sur l'accès à l'enseignement supérieur, et salué sa "fermeté" à l'égard de "ceux qui bloquent et dégradent" les sites universitaires.

A Montpellier lundi matin, une vingtaine de policiers sont entrés sur le campus et ont évalué les dégradations, sur un site quasi-désert en raison des vacances, a indiqué la préfecture de l'Hérault à l'AFP.

Contrairement à l'intervention de Tolbiac, destinée à chasser les étudiants après trois semaines d'occupation, celle de Montpellier était juste une intervention à des fins "d'enquête", a-t-elle précisé.

"Intervention policière pour débloquer l'université Paul Valéry. 50 flics pour... 0 étudiant-e-s", a ironisé lundi le syndicat Solidaires Etudiants 34 sur les réseaux sociaux.

Lors d'une assemblée générale jeudi matin, le comité de mobilisation étudiant avait expliqué vouloir "reprendre des forces" pendant les vacances universitaires qui ont débuté vendredi, pour recommencer le blocus à la rentrée, le 30 avril.

La police est aussi intervenue tôt lundi matin à l'entrée d'un bâtiment de l'Université Grenoble Alpes où devaient se tenir des cours et examens, pour déloger une quarantaine d'étudiants bloqueurs de retour d'une semaine de vacances.

- "Cours alternatifs" -

Lundi matin à Montpellier, les policiers ont saisi des planches de palettes avec des clous, des barres de fer et des stocks de pierre, selon la préfecture, qui souligne que ces objets peuvent correspondre à la qualification juridique "d'armes par destination".

Ces saisies "confortent l'idée" que l'université de Lettres, sciences humaines et sociales, langues et arts Paul Valéry "a servi de base arrière pour certains casseurs" de la manifestation du 14 avril, marquée par des heurts entre manifestants et policiers et des dégradations de commerces, estime-t-on de source préfectorale.

Une cinquantaine de personnes avaient été interpellées à l'issue de cette manifestation, mais deux seulement ont été déférées pour dégradation, avec à la clé jusqu'ici une seule condamnation, à trois mois de prison ferme.

Les étudiants qui bloquaient le campus depuis mi-février ainsi qu'une partie du personnel et des syndicats contestent ces accusations et dénoncent une stratégie politique au plan national visant à "criminaliser" le mouvement contre la loi Vidal, accusée d'introduire une "sélection" à l'entrée à l'université.

Les syndicats Snesup, CGT Université, Sud Education et Solidaires avaient dénoncé par avance ce "choix de la répression".

Le tribunal administratif de Montpellier avait ordonné mercredi aux occupants de l'université Paul Valéry de "libérer les lieux sans délai", autorisant à défaut le président de l'université Patrick Gilli "à procéder d'office à leur expulsion".

Les étudiants y avaient voté fin mars un "blocus illimité" jusqu'à "l'abrogation de la loi Vidal". La présidence de l'université a également dénoncé le "sabotage" des serveurs informatiques de l'université le 11 avril, destiné à empêcher l'organisation d'examens dématérialisés.

A Lyon, les deux campus de l'université Lumière-Lyon 2, qui devaient rouvrir après une semaine de vacances, sont restés fermés lundi, tandis que la poursuite du blocage a été votée en assemblée générale, selon la présidence.

A Toulouse, l'université Jean-Jaurès était toujours bloquée lundi matin, alors que les étudiants entament leur seconde semaine de vacances de printemps, et deux bâtiments de l'université restaient occupés par des étudiants. En grève depuis mi-décembre, cette faculté avait voté le blocage à une écrasante majorité jusqu'au 30 avril.

Le blocage continuait également à Rennes-2, même si peu d'étudiants étaient sur le site en raison des vacances.

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