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Pour Erdogan, la chute de la livre résulte d'un "complot politique" contre la Turquie

(Belga) Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé dimanche que la chute de la livre résultait d'un "complot politique" contre son pays, qui ripostera en cherchant "de nouveaux marchés et alliés" alors que ses relations avec les Etats-Unis sont en crise.

"Le but de l'opération est d'obtenir la reddition de la Turquie dans tous les domaines, de la finance à la politique. Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l'aide de Dieu, nous surmonterons cela", a-t-il déclaré devant des partisans réunis à Trébizonde, sur la Mer noire (nord-est). Si Washington est prêt à sacrifier ses relations avec Ankara, la Turquie réagira en recherchant "de nouveaux marchés, de nouveaux partenariats et de nouveaux alliés", a-t-il menacé. À l'heure de clôture vendredi à Wall Street, la devise turque perdait jusqu'à 24% de sa valeur par rapport au dollar, un effondrement exacerbé par une nouvelle annonce protectionniste du président américain Donald Trump qui a doublé les droits de douane sur l'acier et l'aluminium en provenance de ce pays. Ankara "pourrait faire souffrir certains Etats européens comme l'Italie, l'Espagne ou la France, en faisant pression sur leur secteur bancaire", a noté Peter Cardillo de Spartan Capital. La Banque centrale européenne (BCE) est en effet préoccupée par une éventuelle contagion de cette crise monétaire à certaines banques européennes très présentes en Turquie, a affirmé vendredi le Financial Times. De l'autre côté de l'Atlantique, les banques américaines ont été un peu touchées par cette fragilisation du secteur bancaire européen mais dans une bien moindre mesure, les valeurs bancaires regroupées au sein de l'indice S&P 500 ayant perdu en moyenne 1,16%. L'effondrement de la devise turque avait également pour conséquence une très forte progression du dollar, valeur refuge, qui a atteint un plus haut depuis 13 mois face à un panier de six devises étrangères dont l'euro. Or un dollar élevé est négatif pour les sociétés exportatrices américaines qui voient leur compétitivité s'éroder sur le marché mondial. Les multinationales Boeing et Caterpillar ont ainsi respectivement perdu 1,25% et 1,88%. (Belga)

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