Quatre policiers jugés mercredi pour des violences après des plaintes d'adolescents

Quatre policiers jugés mercredi pour des violences après des plaintes d'adolescents
Deux des policiers, âgés de 38 et 40 ans, sont poursuivis pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique, et deux autres, âgés de 33 et 34 ans pour violences aggravéesPATRICK KOVARIK

Quatre policiers de la Brigade de Soutien des Quartiers (BSQ) du 12e arrondissement de Paris comparaissent à partir de mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour "violences volontaires", à la suite de plaintes déposées en 2015 par des adolescents du quartier.

Deux des policiers, âgés de 38 et 40 ans, sont poursuivis pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique (PDAP) et deux autres, âgés de 33 et 34 ans pour violences aggravées par PDAP ayant entraîné une incapacité inférieure à 8 jours.

Certaines des violences reprochées se seraient déroulées le 5 juillet 2014 dans un commissariat où un mineur, interpellé sur la voie publique, aurait reçu des coups de poing et des gifles.

Les deuxièmes faits poursuivis concernent des violences qu'aurait subi le 3 janvier 2015 le même jeune, plaqué au mur et frappé par un policier alors qu'il rentrait à son domicile.

La plainte vise enfin des violences qui auraient été exercées le 3 mai 2015 contre une jeune fille de 14 ans qui se serait interposée pour défendre l'un de ses amis lors d'un contrôle d'identité. La jeune fille aurait été poussée et frappée à l'aide d'une matraque par un policier avant qu'un autre agent ne lui asperge le visage avec du gaz lacrymogène.

Ces violences ont été retenues par le parquet de Paris sur un ensemble de 44 faits dénoncés le 17 décembre 2015 par 18 mineurs et jeunes adultes dans une plainte collective. Cette plainte pointait également des agressions verbales, physiques et sexuelles lors de contrôles d'identité, des arrestations arbitraires et des séquestrations, de la discrimination et des abus d'autorité de policiers

Ces jeunes du quartier Reuilly-Montgallet, entre la gare de Lyon et la place de la Nation, étaient soutenus dans leur démarche par leurs éducateurs. Une enquête préliminaire a été menée par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, avant que le parquet se prononce.

Les plaignants ont fait appel du classement sans suite des faits non-retenus par le parquet.

Dans des vidéos de la police, jointes à la procédure et postées par Le Monde et Médiapart sur internet, on peut voir les rapports tendus des agents de la BSQ du 12e avec les adolescents du quartier où la question de leurs plaintes est notamment évoquée.

Contactée, l'avocate des policiers n'a pas répondu à nos sollicitations.

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