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Singapour interdit un concert d'un groupe de metal suédois jugé sataniste

Singapour interdit un concert d'un groupe de metal suédois jugé sataniste
Etat pluriethique, Singapour a des lois sévères contre les critiques des religions et des races afin d'éviter des émeutes raciales comme celles qui ont ensanglanté le pays dans les années 1960Roslan RAHMAN

Singapour a annulé jeudi un concert d'un groupe suédois de métal au motif qu'il serait adepte du satanisme, jetant notamment du sang de porc sur le public de ses concerts.

Les régulateurs avaient dans un premier temps autorisé le concert de Watain, un groupe de rockeurs tatoués, à condition qu'ils s'abstiennent d'interpréter des chansons considérées comme offensantes sur le plan religieux.

Mais ils ont décidé d'annuler le spectacle peu de temps avant qu'il ait lieu, après avis du ministère des affaires intérieures de la cité-Etat.

Le ministère "a exprimé de sérieuses inquiétudes concernant le concert, compte tenu de l'habitude du groupe de dénigrer les religions et de promouvoir la violence, qui pourrait causer des tensions et perturber l'harmonie sociale de Singapour", a déclaré l'autorité chargée de réglementer l'industrie du spectacle.

"Watain est connu pour ses convictions satanistes et, lors de certains de ses spectacles, ils ont utilisé des carcasses d'animaux et jeté du sang de porc sur le public", ajoute le communiqué.

Le groupe "affiche également des vues antichrétiennes, défend le satanisme à travers ses chansons et soutient la violence".

Ethniquement diverse, Singapour a des lois sévères pour décourager les critiques des religions et des races afin d'empêcher la répétition des émeutes raciales sanglantes qui ont touché le pays dans les années 1960.

Avant le concert, une pétition en ligne postée sur le site change.org appelait le gouvernement à interdire Watain car ils "ne représentent pas la culture que nous voulons chez nos jeunes".

L’interdiction a suscité des réactions mélangées, certains internautes s'en félicitant quand d'autres auraient préféré laisser le public se forger son avis.

"Il suffit de regarder la scène pour constater qu'il s'agit d'une performance satanique", écrit ainsi Wilkie Ong Keng Soon sur la page Facebook de la chaîne singapourienne Channel News Asia, défendant l'interdiction.

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