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Surf: les pros face à l'esprit olympique pour leur nouvelle saison

Surf: les pros face à l'esprit olympique pour leur nouvelle saison
Tatiana Weston-Webb lors d'une épreuve du circuit professionnel disputée à Honolua Bay, aux Hawaii, le 27 novembre 2018Kelly Cestari

En mode pro depuis plus de 40 ans, le surf doit désormais jouer la carte des JO. Les surfeurs tenteront de décrocher un sésame olympique lors de la nouvelle saison du circuit mondial, qui débute mercredi en Australie. Avec plus ou moins de ferveur.

C'est sur la Gold Coast (côte est de l'Australie) que débute mercredi la saison pro de surf, sous l'égide de la World Surf League (WSL). En jeu, le titre suprême qui se joue sur plusieurs étapes à travers le monde (11 pour les hommes, 10 pour les femmes). Avec cette saison, une nouvelle donne: la qualification pour les Jeux de Tokyo, où la discipline fait son entrée.

A la suite d'un accord entre la WSL - qui aligne les meilleurs surfeurs au monde - et la Fédération internationale de surf (ISA), un billet sera attribué aux 10 premiers classés messieurs et 8 premières classées dames, à raison de 2 athlètes maximum qualifiés par nation, pour un total de 20 engagés (20 messieurs et 20 dames) à Tokyo. Le reste se jouera sur les Mondiaux 2019 et 2020.

Un objectif clairement avoué pour la star du surf, l'Australienne Stephanie Gilmore, 7 fois championne du monde et qui défend son titre sur le circuit pro.

"Regarder Cathy Freeman remporter la médaille d'or aux Jeux olympiques de Sydney m'a époustouflée. Ça m'a tellement inspirée que je me souviens m'être dit que c'était une super héroïne. Elle portait le monde entier sur ses épaules pour aller gagner, et elle l'a fait. J'ai juste pensé, c'est incroyable. Alors quand j'ai appris que le surf était aux JO, je me suis dit... ok, je veux essayer d'avoir un moment comme ça", raconte Gilmore.

- 'Amoureux du sport' -

Double champion du monde, le surfeur hawaïen John John Florence adorait regarder à la télé la natation aux JO quand il était gamin. "Les Jeux c'est l'événement le plus grandiose et c'est bien que le surf en fasse partie. Mais ma priorité est le titre mondial. Et les Jeux suivront", souligne-t-il.

Une hiérarchie que l'on retrouve chez la plupart des surfeurs pros.

"Les JO, ce serait sympa d'y participer, je suis amoureux du sport, depuis tout petit j'adore regarder, mais je n'en fais pas une priorité. Si j'ai ma qualification, c'est bien", dit le Français Jérémy Flores, pour qui la discipline découvre cette nouvelle façon de vivre son sport.

"C'est tout nouveau cet esprit olympique, ca se rapproche du golf, du foot et du rugby où dans ces sports ils ne grandissent pas pour aller chercher des médailles aux jeux Olympiques", poursuit Florès.

Le Réunionnais entame sa 13e saison sur le circuit pro et est en bonne position pour prendre son ticket olympique avec Michel Bourez. Un 3e Français, Joan Duru, est dans le jeu mais il aimerait ne pas trop y penser.

"Beaucoup de gens en parlent, ça met de la pression, tout le monde a l'air plus sérieux que d'habitude. C'est un truc énorme auquel on n'est pas habitué", dit-il aussi.

Outre le double enjeu, les surfeurs se préparent aussi à enchaîner sur une saison particulièrement chargée.

"Ca va être très compliqué l'année prochaine. Déjà cette année c'est très dense et il n'y a pas les JO", relève la N.5 mondiale, la Française Johanne Defay, néanmoins particulièrement motivée par la perspective des Jeux: "C'est agréable pour les sportives, j'ai de la chance d'arriver à ce moment-là".

Le circuit pro s'achèvera en décembre à Hawaii.

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