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Syrie: risque de "guerre perpétuelle" au Moyen-Orient sans accord de paix, avertit Le Drian

Syrie: risque de
Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian à Bamako au Mali, le 22 septembre 2018Michele CATTANI
Russie, Syrie

Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a averti lundi que la région autour de la Syrie risquait de connaître une "guerre perpétuelle" si aucun accord de paix n'était trouvé dans ce pays.

"C'est de la responsabilité du (président syrien) Bachar al-Assad, mais aussi de ceux qui le soutiennent, d'engager une solution politique (...) sinon on risque d'aller vers une forme de guerre perpétuelle dans la zone", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU.

"On peut presque dire que Bachar al-Assad a gagné la guerre, on le constate, mais on ne peut pas dire qu'il ait gagné la paix, loin de là. Et quand on gagne la guerre sans gagner la paix, cela veut dire que l'on n'a pas gagné la guerre même si les avancées sur le terrain sont ce qu'elles sont", a fait valoir le ministre français.

Le récent incident qui a conduit à la destruction d'un avion militaire russe par la défense antiaérienne syrienne après un raid israélien en Syrie en est également la preuve, a-t-il pointé.

"Il y a aujourd'hui cinq armées qui se font face en Syrie et les récents incidents montrent que le risque de guerre régionale est bien réel", a martelé Jean-Yves Le Drian.

L'accord russo-turc sur la création d'une zone démilitarisée dans la province d'Idleb (nord-ouest), dernier fief rebelle et jihadiste, est une "chance" pour éviter une "gigantesque" catastrophe humanitaire mais reste incertain dans sa mise en oeuvre, a également relevé le ministre.

"Cet accord ouvre un espace à la diplomatie mais ne met pas fin à la guerre ni à Idleb ni en Syrie", a-t-il souligné. "Je constate que l'Iran et Bachar al-Assad ne sont pas parties de l'accord et que rien ne garantit qu'ils jouent le jeu", a précisé Jean-Yves Le Drian.

Les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan ont convenu de la création d'ici au 15 octobre d'une "zone démilitarisée" à Idleb, sous contrôle russo-turc. Toutes les armes lourdes et les jihadistes doivent sortir de la zone, selon les termes de l'accord.

"Distinguer ceux qui sont issus des groupes terroristes et ceux qui ne le sont pas (...) va être une tâche délicate", a estimé le ministre français des Affaires étrangères.

"Refouler" les terroristes de cette zone, "ce sera reculer pour mieux sauter", a-t-il souligné, en référence aux combats à venir entre le régime de Damas et ces goupes, ainsi qu'au risque de dispersion de combattants jihadistes hors de Syrie.

La France est prête sous conditions à faire valider cet accord au Conseil de sécurité de l'ONU, comme le "souhaite" la Turquie, afin d'en assurer la robustesse, a ajouté le ministre français.

"Nous y sommes favorables sous réserve qu'un certain nombre de points d'interrogation soient levés dans le dispositif - mais cela doit être possible - et ensuite que ce dispositif soit articulé avec un processus de paix" initiant une perspective de solution en Syrie, a-t-il ajouté.

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