Tension et contrôles renforcés à la frontière de la Colombie et du Venezuela

Tension et contrôles renforcés à la frontière de la Colombie et du Venezuela

(Belga) Barrières de sécurité, renforts de la garde bolivarienne vénézuélienne, brigades anti-émeutes étaient visibles mardi depuis la frontière colombienne, où le flux des migrants ne tarit pas, bien que cet exode soit nié par le président Nicolas Maduro, contre lequel l'opposition se mobilisait.

Le pont Simon Bolivar, qui relie la Colombie et le Venezuela, bruissait de rumeurs impossibles à vérifier avec les autorités de l'ancienne puissance pétrolière, aujourd'hui en plein marasme politico-économique et confrontée à des pénuries de nourriture, ainsi que de médicaments. Alors que des dizaines de milliers de personnes marchaient mardi au Venezuela, à l'appel de l'opposant Juan Guaido, pour convaincre l'armée de laisser entrer l'aide humanitaire - envoyée des Etats-Unis et stockée depuis jeudi près de la frontière, dans la ville colombienne de Cucuta - les migrants continuaient d'affluer. Au poste frontalier Villa del Rosario, les autorités colombiennes géraient les files d'attente de Vénézuéliens venant s'approvisionner, amener leurs enfants à l'école ou qui fuient la crise et l'hyperinflation dans leur pays. Ces derniers jours, 40.000 personnes ont traversé quotidiennement le pont international, en légère hausse par rapport aux semaines antérieures, selon le service colombien des migrations. La majorité regagne leur pays après avoir acheté les produits de première nécessité devenus introuvables au Venezuela. Un dispositif renforcé de la Garde nationale bolivarienne s'observait mardi du côté vénézuélien, ont constaté des journalistes de l'AFP ayant pu atteindre la dernière barrière séparant les deux pays. "Alors que j'arrivais avec mon fils, il nous a fallu courir pour entrer car ils étaient en train d'installer des barrières jaunes afin que les anti-émeutes prennent position", a déclaré Angie Diaz, une Vénézuélienne de 33 ans, passée de justesse en Colombie. Cette femme au foyer, qui vient chaque jour de San Antonio pour amener Freddy, son fils de neuf ans, à l'école de l'autre côté de la frontière, a ajouté que dans sa ville circulent sur les réseaux sociaux des messages "intimidants", appelant les gens à ne pas se joindre aux manifestations afin que "les collectifs ne leur tombent pas dessus". Ces organisations communales sont considérées comme loyales au régime chaviste, mais l'opposition les accusent d'être le bras armé du gouvernement du président Maduro. Il règne "une ambiance tendue, avec des gens ayant envie de sortir" du pays, a ajouté Mme Diaz. Andrea Barberi, une jeune Vénézuélienne qui va chaque jour travailler à Cucuta, dit avoir noté plus de "nervosité" chez les gardes bolivariens quand au fait "qu'il va se passer quelque chose ici". Pendant ce temps à Caracas, Juan Guaido, reconnu comme président intérimaire par une cinquantaine de pays, a affirmé mardi devant une foule de partisans que l'aide humanitaire entrera au Venezuela le 23 février, en dépit du refus de Nicolas Maduro. (Belga)

Vos commentaires