Toulouse: échauffourées entre policiers et jeunes dans deux quartiers prioritaires

Toulouse: échauffourées entre policiers et jeunes dans deux quartiers prioritaires
Le ministre de l'Intérieur Gerard Collomb (centre) en visite au commissariat de police de Bellefontaine à Toulouse le 9 mars 2018PASCAL PAVANI

Des échauffourées ont opposé une centaine de jeunes aux forces de l'ordre dimanche soir à la Reynerie et à Bellefontaine, des quartiers classés en zone de sécurité prioritaire (ZSP) à Toulouse, a-t-on appris lundi de source policière.

Dix voitures ont été brûlées, ainsi qu'un engin de chantier tandis que le commissariat de police de Bellefontaine, visité début mars par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, a été la cible de jets de pierres, a expliqué à l'AFP le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) adjoint, le commissaire Arnaud Bavois.

Ces incidents n'ont "fait aucun blessé" et n'ont donné lieu à "aucune interpellation", a-t-il ajouté.

Les violences ont essentiellement eu lieu entre 20H00 et 23H30 mais le calme n'est revenu qu'après minuit.

"Il y avait clairement une volonté de s'en prendre aux forces de l'ordre. Ça faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu ça", a constaté le commissaire Arnaud Bavois, décrivant des scènes de "grandes violences" avec des jeunes qui ont mis le feu à des voitures et avec l'idée "de prendre les policiers en guet-apens".

Au total, plus de cent policiers, CRS et gendarmes ont été mobilisés pour ramener le calme. Un hélicoptère de la gendarmerie a également survolé les lieux.

La tension dans le quartier, selon M. Bavois, est montée dans l'après-midi après le contrôle d'une femme voilée refusant de se soumettre aux vérifications de la police.

Ces violences pourraient également avoir été déclenchées par une rumeur selon laquelle des gardiens de la prison de Seysses, au sud de Toulouse, auraient été à l'origine du décès samedi d'un détenu, originaire du quartier, a précisé le DDSP adjoint.

Or, si un homme d'une trentaine d'années est bien mort samedi dans cette prison, c'est "à la suite d'un suicide dûment constaté par le parquet", a souligné le commissaire, précisant qu'il y a eu également "une tentative de suicide" d'un autre détenu dont le "pronostic vital" est engagé.

"Nuit éprouvante pour les effectifs qui ont dû s'adapter et faire face à une situation atypique avec sang-froid", a salué sur Twitter le syndicat Unité SGP Police Occitanie, qui a condamné "fermement ces comportements émeutiers inacceptables" et apporté "son total soutien aux policiers toulousains".

Un "dispositif conséquent" a été prévu pour la nuit prochaine afin d'éviter une nouvelle explosion de violence, a annoncé le commissaire Bavois.

La Reynerie et Bellefontaine sont situés dans le quartier du Grand Mirail, qui compte plus de 40.000 habitants.

En proie au trafic de drogue et aux règlements de compte, il a été retenu par le gouvernement pour l'expérimentation de la police de sécurité du quotidien (PSQ), qui mise sur une nouvelle méthode de travail, collective, et de nouveaux outils, pour lutter contre l'insécurité.

En visite le 9 mars, M. Collomb avait annoncé 30 fonctionnaires de plus pour la PSQ du Mirail.

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