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Trois députés d'opposition déchus de leur mandat en Turquie: leurs partis dénoncent un "coup d'Etat"

Trois députés d'opposition déchus de leur mandat en Turquie: leurs partis dénoncent un
© AFP
 

Le Parlement turc a déchu de leur mandat jeudi trois députés de l'opposition condamnés dans le cadre de différents procès, leurs formations politiques dénonçant un "coup d'Etat" contre la "volonté populaire".

Enis Berberoglu, du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), ainsi que Leyla Güven et Musa Farisogullari, du Parti démocratique des peuples (HDP, prokurde) ont perdu leur mandat et ne pourront donc plus siéger au Parlement, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Cette décision ouvre la voie à l'incarcération des élus destitués, tous trois condamnés en appel à des peines de prison ferme.

"Dans les jours qui viennent, je me rendrai en prison pour y purger le reste de ma peine", a déclaré M. Berberoglu lors d'une conférence de presse, ajoutant "ne pas être surpris" par sa destitution.

M. Berberoglu a été condamné à près de six ans de prison en 2018 pour avoir transmis à la presse une vidéo compromettante pour les services secrets turcs, mais avait été libéré après plus d'un an de prison en raison de son immunité parlementaire.

La Cour de cassation a confirmé en 2019 la condamnation de Mme Zana et M. Farisogullari à de la prison pour "appartenance à une organisation terroriste armée", une accusation qu'ils rejettent.

L'annonce de la déchéance des trois députés a été accueillie dans l'hémicycle par les huées des élus de l'opposition, selon une vidéo publiée par des médias turcs.

Le chef du CHP Kemal Kiliçdaroglu a dénoncé sur Twitter un "coup d'Etat civil" qui revient à "ignorer la volonté du peuple".

"L'hostilité de l'AKP (le parti au pouvoir) envers les Kurdes et sa mentalité putschiste perdurent. Nous nous opposons à la spoliation de la volonté populaire", a réagi le HDP sur Twitter.

Des internautes faisaient part de leur indignation sur les réseaux sociaux en utilisant le mot-dièse "putsch au parlement".

Les partis d'opposition et les ONG accusent régulièrement le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan d'instrumentaliser la justice pour s'en prendre à ses opposants.

Plusieurs élus du HDP, députés et maires, ont été destitués ces dernières années.

Sur les 600 députés élus lors des dernières élections législatives en 2018, il n'en restait jeudi plus que 586.

 

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