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Un mois avec sursis requis contre deux "Femen" jugées pour une action à Paris en novembre

Un mois avec sursis requis contre deux
Trois "Femen" manifestent en haut des Champs-Elysées le 10 novembre 2018Geoffroy VAN DER HASSELT

Le parquet de Paris a requis lundi un mois de prison avec sursis à l'encontre de deux militantes des Femen, jugées pour exhibition sexuelle après avoir manifesté torse nu sur la place de l'Etoile le 10 novembre dernier.

Ce jour-là, à la veille d'un grand rassemblement de chefs d'Etats dans la capitale pour le centenaire de l'armistice, trois "Femen" avaient brièvement manifesté en haut des Champs-Elysées, des slogans peints sur leur torse et leur dos et criant des slogans comme "Welcome war criminals" (Bienvenue aux criminels de guerre).

Elles avaient été interpellées et renvoyées devant le tribunal correctionnel pour exhibition sexuelle.

En raison d'un vice de forme, la juge unique a constaté la nullité des poursuites visant l'une d'entre elles.

Comme toutes les "Femen" jugées pour leurs actions, les deux autres jeunes femmes, deux étudiantes au casier judiciaire vierge, ont revendiqué un usage politique, et non sexuel, de leur corps.

- "D'après vous, qu'est-ce qui excite un homme chez une femme? a interrogé la procureure.

- Ma poitrine est sexuelle quand je le décide, a répondu l'une des prévenues.

- A chaque fois qu'on la montre, ça va choquer, ça va interpeller, ça va permettre d'attirer l'attention sur un message politique que l'on veut faire passer", a insisté sa coprévenue.

La procureure a requis un mois d'emprisonnement avec sursis contre chacune, estimant que le caractère sexuel d'une poitrine féminine "est acquis socialement".

"Dans n'importe quel traité d'anatomie, on vous dit qu'il s'agit d'un organe sexuel secondaire", a insisté la représentante de l'accusation, "ça fait des millénaires que les seins sont un organe sexuel chez la femme".

Dénonçant des poursuites "incompréhensibles, illisibles" et "infamantes", l'avocate des deux jeunes femmes, Valentine Rebérioux, a plaidé leur relaxe. Dans la plupart des cas, les militantes Femen sont aujourd'hui relaxées par la justice, a-t-elle rappelé.

Les Femen venaient ce jour-là "dénoncer l'hypocrisie du rassemblement de 80 chefs d'Etat pour célébrer la paix" alors que certains sont "responsables de conflits armés ou de violations des droits de l'homme dans leur pays", a-t-elle ajouté.

Le tribunal rendra son jugement le 27 mai.

Le lendemain, 11 novembre 2018, un autre trio de Femen avait déjoué la sécurité des commémorations en faisant irruption sur les Champs-Élysées au passage de la limousine de Donald Trump. Leur procès, prévu le 10 avril, pourrait toutefois être renvoyé à une date ultérieure.

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