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Un représentant russe fait de graves menaces en direct sur notre plateau: "Vous avez beaucoup de problèmes devant vous"

 
UKRAINE
 

Piotr Tolstoi, le vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe) était invité à distance sur le plateau de l’émission C’est pas tous les jours dimanche pour évoquer la guerre que son pays mène en Ukraine.

Les propos qu’il tient sont d’une rare brutalité.

Sur l’avancement de la guerre, le politicien russe ne pense pas qu’elle se terminera rapidement. "La guerre va durer encore quelque temps vu la résistance acharnée", analyse-t-il avant de déclarer en pleine confiance : "Ne vous inquiétez pas, on va en finir, comme ça a été prévu."

On ira à la frontière polonaise s’il le faut

L’Europe et les Etats-Unis fournissent de nombreuses armes et du matériel à l’Ukraine pour l’aider à se défendre. Une stratégie qui agace la Russie qui ne se prive jamais de communiquer lorsqu’un stock d’armes est détruit. Et si les combats sont majoritairement concentrés dans l’ouest du pays, les Russes n’excluent pas d’envahir tout le pays pour venir à bout de leurs adversaires. "Plus l’Occident fournit des armes à longue portée [à l’Ukraine], plus on doit aller les chercher loin. Donc s’il faut, on ira jusqu’à la frontière polonaise, sans problème."

D’autres pays, comme la Lituanie, se sentent menacés par la Russie. La question a été posée à Piotr Tolstoi, mais pour lui la Lituanie ne risque rien. "Non. À mon avis, aucun de nos voisins ne représente une menace pour la Russie". Mais il ne peut se retenir de lancer une pique au pays de l’ex-URSS : "Combien reste-t-il de personnes en Lituanie ? Je crois que tous les habitants sont partis en Europe [de l’ouest] pour travailler."

Présent en plateau pour débattre avec Piotr Tolstoi, le député européen écologiste Philippe Lamberts a tenu à rappeler la fermeté de la volonté de l'Union européenne face à la Russie.

"Nous sommes face à un autocrate russe qui a décidé de lancer la guerre. Oui, je pense qu’il y a une lassitude [dans la population]. Elle intervient après deux ans de crise covid".

"Je n’ai pas peur de l’opinion publique. La peur est mauvaise conseillère", ajoute le député européen. "Nous avons déjà demandé beaucoup d’efforts à nos concitoyens donc nous devons être très ciblés dans les efforts que nous demandons [à nouveau]. Jusqu'à maintenant, je trouve que les dirigeants européens ont bien mené la barque."

Menaces

Avec la guerre économique qui se poursuit, le vice-président de la Douma lance une menace aux Européens. "Ce qui va se passer en Europe est très simple : la hausse catastrophique du prix de l’électricité, du gaz, du logement et finalement la disparition de la classe moyenne et des politiciens qui ont été élus par cette classe moyenne. À mon avis, c’est dangereux pour l’Europe et ça va [mener à la fin de] l'Union européenne."

"À mon avis, c’est beaucoup plus sage d’arrêter de diaboliser la Russie et essayer de comprendre ce qui se passe entre les Russes et les Ukrainiens, quels sont les motifs des Russes, pourquoi cette guerre a lieu. Malheureusement, les Européens ne le font pas du tout", déplore-t-il.

Pour être sûr de s’être bien fait comprendre, le Russe lance une nouvelle menace. "Si l’Europe n’arrête pas, vous avez beaucoup de problèmes devant vous et c’est la classe moyenne qui va en souffrir."

Face à ces menaces, Philippe Lamberts ne cède pas et rappelle que l’ennemi et le responsable, c’est Poutine et personne d’autre. D’ailleurs, l’eurodéputé refuse de mentionner le nom du dirigeant russe. "Le peuple russe ne doit pas être diabolisé, c’est évident. J’ai une opposition révolue contre un autocrate qui a lancé une guerre et c’est ce à quoi nous faisons face."

La lutte va continuer, les efforts aussi. S’il va falloir continuer à voir les prix augmenter, le jeu en vaut la chandelle pour Philippe Lamberts qui termine en expliquant que "No pain, no gain : il n’y a pas de résultats sans effort. L’Europe ne sera pas respectée comme acteur géopolitique sans faire d’effort."


 

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