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Washington et deux alliés demandent à Facebook de revoir son projet de messageries cryptées

Washington et deux alliés demandent à Facebook de revoir son projet de messageries cryptées
Un écran de smartphone avec les applications Whatsapp et FacebookARUN SANKAR
Internet

Les gouvernements américain, britannique et australien ont demandé jeudi à Facebook de renoncer à crypter l'ensemble de ses plateformes sans garantir un accès aux forces de l'ordre, mais se sont vu opposer une fin de non recevoir.

Dans une lettre ouverte adressée à Mark Zuckerberg, quatre ministres lui demandent de "ne pas mener à terme son projet de crypter de bout-en-bout ses services de messagerie (...) sans inclure un moyen pour accéder légalement aux contenus des communications de manière à protéger nos citoyens".

Facebook "a entrepris un travail important pour lutter contre les contenus illégaux les plus graves", soulignent dans leur courrier le ministre américain de la Justice Bill Barr, le ministre américain de l'Intérieur Kevin McAleenan et ses homologues britannique Priti Patel et australien Peter Dutton.

Ils notent que le groupe a effectué en 2018 16,8 millions de signalements portant sur des images ou des comportements à caractère pédophile.

"Nous pensons qu'une grande partie de ces activités ne seront plus possible si Facebook mène à terme son projet" et que 70% des signalements ne seront plus faisables, ajoutent les responsables, en appelant Facebook à "suspendre" son projet le temps de définir des solutions garantissant la sécurité des utilisateurs.

Les ministres demandent également à Mark Zuckerberg d"intégrer la sécurité du public dans la conception de ses systèmes" et de "permettre aux forces de l'ordre d'avoir un accès légal aux contenus dans un format lisible et utilisable", sans préciser ce qu'ils entendent concrètement.

"Nous pensons que les gens ont le droit d'avoir des conversations privées sur internet", a rétorqué le géant de l'internet en renvoyant à la loi qui permet aux enquêteurs de demander des données aux compagnies en passant par un juge, "sans leur imposer de créer des portes dérobées", faille introduite à l'insu de l'utilisateur qui permet de transformer le logiciel en cheval de Troie.

"Le cryptage protège déjà les messages de plus d'un milliard de personnes chaque jour", a poursuivi un porte-parole de Facebook dans un communiqué. "Nous sommes fermement opposés aux tentatives du gouvernement de construire des portes dérobées", a-t-il ajouté.

Vilipendé partout dans le monde pour ne pas protéger assez les données personnelles de ses usagers, Facebook a promis récemment de faire la part belle aux messageries cryptées pour plus de sécurité, promettant de crypter sa plateforme Messenger comme l'est déjà WhatsApp.

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