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"Ceci n'est pas un corps": une exposition hyperréaliste débarque à Bruxelles

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L'exposition "Hyperréalisme. Ceci n'est pas un corps", pour paraphraser le surréaliste René Magritte, revient à partir du 25 juin à Bruxelles sur le site de "Tour & Taxi", après avoir été présentée au musée de "La Boverie" à Liège, annonce la société bruxelloise Tempora, qui organise l'événement. Celui-ci propose la découverte de 40 sculptures emblématiques relevant de l'hyperréalisme.

Ce mouvement est né aux Etats-Unis et va, à la fin des années 1960,  trouver sa place dans le prolongement du "pop art" d'Andy Warhol et Roy Lichtenstein et du "précisionnisme" proche d'Edward Hopper. Il prend le contre-pied de l'abstraction.  Les artistes qui ont choisi cette formule d'expression vont représenter des scènes et réaliser des objets de la vie courante mais aussi le corps humain, et cela avec un très haut degré de réalisme. La sélection retenue propose un aperçu condensé de ce mouvement et souligne aussi à quel point la représentation de l'Humain a toujours été sujette à évolution. Les visiteurs seront aussi invités à découvrir la manière de travailler des artistes concernés par le biais de plusieurs espaces où ils seront amenés à visionner des interviews et de vidéos .

Parmi les porte-drapeaux du mouvement, un humaniste engagé, Duane Hanson (1925-1996) qui a consacré son œuvre à ceux qu'il considère comme les "Américains invisibles" : femmes de ménage, livreurs, serveurs, ouvriers, touristes. Il immortalise ainsi les figures modestes à l'écart de la réussite et du rêve américain. Il porte un regard à la fois lucide et critique sur la banalité et le quotidien. Ses personnages sculptés déroutent et interpellent par leur solitude muette, leur résignation, voire leur désespoir et leur aliénation. On les retrouve de l'autre côté du miroir du rêve américain. 

Sur le plan technique précisément, certains hyperréalistes américains projettent, à l'aide d'un rétro-projecteur, l'image sur une toile avant de commencer à peindre en fonction de ce qu'ils voient, tandis que d'autres impriment l'image sur grand format et peignent directement sur la photo. Dans le domaine de la sculpture, les œuvres sont parfois directement moulées sur des modèles vivants, ce qui permet de reproduire des détails comme, par exemple, le grain de la peau.  Le mouvement hyperréaliste a ses maîtres.

Ils s'appellent, outre Duane Hanson,  Richard Ester, John Baeder, Robert Bechter, Tom Blackwell, Chuck Close, Richard Estes ou encore Robert Cottingham, John De Andrea (sculptures de nus féminins), George Segal.  Viendront ensuite, Maurizio Cattelan, Ron Mueck et Sam Jinks qui développeront leur propre langage.  Cet art fera aussi des émules en Europe. On pense ici aux Français Jacques Bodin, Stéphane Delliès et Frédéric Garcia, à l'Allemand Peter Handel, aux Québécois Pierre Dorion, Serge Lemonde et aussi à Berlinde De Bruyckere, l'artiste belge qui bénéficie désormais d'une large reconnaissance internationale. A "La Boverie" à Liège, l'exposition avait accueilli 85.000 visiteurs avant sa fermeture à la suite de la crise sanitaire.


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