En ce moment
 
 

"J'avais peur de me faire opérer": Jaime a été licencié de la STIB pour "absentéisme fréquent" après 12 ans de carrière

Peut-on être licencié parce qu'on est trop souvent malade ? C'est en tout cas ce qui est arrivé à un chauffeur de bus à Bruxelles, comme le racontent nos confrères de Sudpresse. Il porte plainte contre la STIB.

Jaime, 45 ans, avait 12 ans de carrière comme chauffeur. Victime d'un accident de travail, il a dû opéré à la main. Mais cela a mal tourné : d'autres opérations ont suivi, les absences se sont accumulées, et il a finalement été convoqué pour un entretien afin de s'expliquer. Après cet entretien, il a reçu sa lettre de renvoi. Motif de licenciement : un absentéisme fréquent qui désorganise le service. "On vous appelle dans un bureau, et là, on vous explique gentiment qu'il ne faut plus tomber malade, parce que vous dépassez certaines périodes, et à partir de la deuxième, troisième période, on commence à penser à vous licencier. Dans ces engagements-là, quelque part, on s'engage à ne plus tomber malade, moi, c'est ce qui s'est passé", confie-t-il au micro RTL INFO de Salima Belabbas. "J'avais vraiment peur de me faire opérer ou de faire les choses que je devais faire pour ma santé", nous a-t-il encore dit.

La STIB réagit

Peut-on contraindre un employé à s'engager à ne plus être absent ? Françoise Ledune, porte-parole de la STIB, ne commente pas le cas particulier de Jaime, mais répond au micro RTL INFO de Salima Belabbas. "Ce n'est pas du tout l'objectif des entretiens d'absentéisme. L'objectif, c'est de demander aux gens d'essayer d'identifier s'il y a des causes sous-jacentes à un absentéisme fréquent. Personne ne peut s'engager à ne plus tomber malade, ça, c'est impossible, par contre, quelqu'un qui aurait un changement de situation familiale ou un mal-être au travail, parce qu'il estime qu'il y a une surcharge ou qu'il ne s'entend plus avec un travailleur, là, le manager peut, avec le collaborateur, y remédier".

Il aimerait revenir à la STIB

Pour Patrick Charlier, le directeur d'Unia, où le dossier est arrivé récemment, il y a dans le cas de Jaime une présomption de discrimination sur base de l'état de santé, explique-t-il dans les colonnes de Sudpresse. Selon le quotidien, l'ancien chauffeur est soutenu par son syndicat, la CSC, qui entend déposer plainte pour licenciement abusif. Jaime, lui, espère revenir à la STIB, à un autre poste, et retrouver la fierté qu'il avait à prendre son service chaque matin. 

Vos commentaires