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Abdallah, victime des attentats de Bruxelles, témoigne: "J’ai l’impression que je mendie"

Témoignage poignant de l'une des victimes des attentats du 22 mars. Amputé d’une partie de sa jambe, Abdallah Lahlali vient de subir une nouvelle opération suite à une infection. Malgré ses blessures, il subit des pressions de la part des assurances pour clôturer son dossier. Une situation qu'il dénonce au micro de Benjamin Samyn et Guillaume Wills.

Abdallah n’aime pas craquer, mais parfois c’est plus fort que lui tant le combat qu’il mène avec son épouse est éprouvant. Il vient de subir en urgence une 5e opération à la jambe suite à une infection grave causée par un staphylocoque. Sa prothèse mal adaptée et une réaction de sa peau au silicone en seraient la cause. "J’ai beaucoup de crevasses et à cause des celles-ci les infections se développent. Avec la prothèse, ma peau ne supporte vraiment pas le silicone", explique-t-il.

Le médecin-contrôle pointé du doigt

Abdallah travaillait à l’aéroport lors des attentats de Bruxelles le 22 mars 2016. Si la souffrance est physique, elle est aussi morale. Avec son épouse, il dénonce l’attitude de leur médecin-contrôle,  des pressions qu’il exerce et des remarques déplacées. L’assurance refuse de le remplacer malgré les tensions. L'épouse d'Abdallah raconte: "Le médecin nous dit clairement que nous avons de la chance d’être en accident de travail, qu’on ne doit pas se plaindre si on a des retards de paiements. Ce sont les paroles mêmes de ce médecin. Nous n’avons pas besoin de les entendre. Elles sont humiliantes, insultantes. Elles sont basées sur des suspicions et engendrent des angoisses pour notre famille."

Une difficile reconstruction

Depuis les attentats, c’est aussi la galère au niveau administratif. Il faut faire face à des remboursements qui n’arrivent pas. Face à cette série de problèmes, Abdallah et Loubna n’arrivent pas à se reconstruire. "Ils ne nous laissent pas sortir de ce statut de victimes. Ils ne nous laissent pas nous reconstruire avec tous les papiers à compléter, les propos déplacés du médecin, les contrôles. Il faut chaque fois justifier les choses. J’ai l’impression que je mendie. J’ai l’impression que c’est moi le terroriste." Son épouse enchaîne: "On nous dit qu’il faut nous reconstruire, aller de l’avant mais on ne nous laisse pas le temps. Ce n’est pas possible. Notre vie est devenue le 22 mars tous les jours."

Le couple souhaite également que le législateur éclaircisse la loi de solidarité, trop peu claire. Abdallah a écrit il y a 5 mois une véritable lettre de détresse à Charles Michel. Il regrette qu’elle reste aujourd’hui sans réponse.

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