Ixelles: des fresques d'Hergé dans un local scout dans un piteux état

Des fresques d'Hergé ont été redécouvertes dans les locaux scouts de l'institut Saint-Boniface à Bruxelles. Ce sont les premiers dessins du père de Tintin. On y voit son attachement au scoutisme et à ses valeurs.

Les scouts de Saint-Boniface à Ixelles bénéficient d’un local historique. Un lieu qui abrite un trésor: les premières créations d’Hergé, le père de Tintin. A l’époque, Georges Rémy, âgé de 15 ans, a la charge de décorer l’endroit car son talent fait déjà sa réputation au sein de la troupe.

Thierry Scaillet est historien à l’université catholique de Louvain, et spécialiste d’Hergé qui a redécouvert le lieu. "Le troisième type de frise que l’on peut retrouver, ce sont ces scouts qui font un effort et donc qui sont soit en train de grimper sur le lasso, soit qui sont en train de tirer le lasso, donc il y a aussi une idée d’entraide entre les scouts." L’angoisse de Thierry aujourd’hui est de voir se détériorer ces chefs d’œuvre qui datent de 1922.

Gilles Withoeck est scout à Saint-Boniface, il explique: "En parlant avec mon arrière-grand-mère, j’ai découvert que Hergé et mon arrière-grand-père étaient copains ici quand ils étaient chez les scouts dans le local."

Cette pièce du patrimoine se trouve au cœur de l’école Saint-Boniface à Ixelles. Les admirateurs d’Hergé rêvent d’en faire un petit musée sur l’attachement de l’auteur de B.D. au scoutisme. Il y a plusieurs fresques et frises. Thierry Scaillet détaille une carte dessinée par Hergé sur un mur: "Sur le côté droit, on voit l’ensemble des camps qui avaient été réalisés à cette époque-là, notamment le camp de ‘Botassart’ où Hergé va être présent, et surtout le camp des ‘Dolomites’ qui est son premier camp à l’étranger."

Combat pour la restauration

Le problème est que le lieu est privé. L’établissement scolaire se retrouve donc avec une responsabilité délicate. Paul Leblanc est directeur de l’institut Saint Boniface: "Ce qu’on envisage en tant que pouvoir organisateur c’est de rénover les locaux scouts et on va faire une demande de devis pour savoir combien coûterait au moins la conservation des fresques."

La commune et le pouvoir organisateur peinent à se mettre d’accord sur le financement de la restauration des fresques et son éventuel ouverture au public. Le trésor reste caché derrière les murs de l’école.

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