Nouveau scandale à Bruxelles: un consultant a touché 1.000 euros par jour pendant… 18 ans

Un nouveau scandale lié à la gestion des ASBL publiques fait polémique à Bruxelles. Comme l'ont révélé nos confères du Vif, un audit mené au sein de l'association qui gère l'informatique pour la Ville de Bruxelles a révélé des dysfonctionnements. Et notamment l'existence d'un contrat interpellant: un consultant a touché près de 1.000 d'euros par jour pendant 18 ans. Le point avec nos journalistes Nathanael Pauly et Regjep Ahmetaj.

Gial, 4 lettres pour désigner l’association qui gère toute l’infrastructure informatique pour la Ville de Bruxelles. Une ASBL qui n’en est pas à son premier scandale. Il y a quelques mois, elle était d’ailleurs épinglée sur le plateau de l’émission C’est pas tous les jours dimanche, après l’éclatement d’une autre affaire, celle du Samusocial.

"Pourquoi est-ce que la Ville lance des ASBL comme celles-là? À quoi ça sert?", avait interrogé Alain Maron, député écolo bruxellois. "Est-ce qu'on doit garder une structure pareille, ou bien est-ce qu'on doit laisser le privé s'occuper de l'informatique?", avait réagi Alain Courtois, premier échevin MR de la Ville de Bruxelles.


"C'est d'autant plus interpellant que la région dispose de deux administrateurs au sein de Gial"

Aujourd’hui, le Gial est à son tour au cœur du scandale. Plusieurs contrats interpellent. Particulièrement celui du directeur du développement de l’ASBL, engagé parallèlement en tant qu’expert sous un contrat de consultance. Un contrat qui prévoyait des rémunérations allant jusqu’à 1.000 d'euros par jour et qui a été conclu sans aucune mise en concurrence.

"On paie des salaires totalement mirobolant à un certain nombre de personnes employées dans cette ASBL, mais aussi on n'a pas respecté les règles sur les marchés publics. C'est d'autant plus interpellant que la région dispose de deux administrateurs au sein de Gial, dont l'un des deux est responsable de l'administration de la tutelle régionale sur les communes. Donc ces deux administrateurs n'ont rien vu et n'ont rien dit", s'indigne aujourd'hui Alain Maron.


Environ 3 millions d'euros en 18 ans

Rémunération élevée, contrats illégaux, conflits d’intérêts… tout cela a été mis en lumière par l’audit demandé par la nouvelle direction, qui dit vouloir remettre de l’ordre dans la gestion de l’association. Le contrat de ce directeur-consultant a été cassé en décembre. Pendant 18 ans, il aura perçu au total quelque 3 millions d’euros.

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