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Vers la démolition du viaduc Herrmann-Debroux, principal accès à Bruxelles? Enquête sur les éventuels impacts sur la mobilité

 
 

À Bruxelles, le viaduc Herrmann-Debroux fait actuellement parler de lui. C'est l'une des portes d'entrée de la capitale pour des milliers d'automobilistes. Le gouvernement bruxellois a décidé de le démolir pour le remplacer par un boulevard urbain. Pour certains députés wallons, cela va compliquer la vie des navetteurs wallons qui empruntent la E411. Ces craintes sont-elles fondées ? Quels pourraient être les impacts de cette démolition sur la mobilité ?

Cécilia est propriétaire d'un appartement à Auderghem depuis trois ans. Depuis ses fenêtres situées à l'étage, le viaduc Herrmann-Debroux est omniprésent. "C'est très très laid. Ce n'est pas agréable de voir ça. Quand il y a eu le Covid, c'était bien. Il n'y avait personne, c'était tranquille. On ne le remarquait pas", confie-t-elle. La destruction annoncée de l'ouvrage d'art est plutôt une bonne nouvelle pour le portefeuille de la Bruxelloise. "Ça va être une plus-value, ça c'est sûr. Mais combien de temps cela va-t-il mettre ? Et quand cela va-t-il être fait ?  À mon avis, pas avant 15 ans donc on peut attendre", s'interroge la propriétaire. 

Le viaduc Herrmann-Debroux est l'un des principaux accès à la capitale. Chaque jour, près de 65.000 automobilistes l'empruntent pour entrer ou sortir de Bruxelles. Sur le parking de délestage à l'embouchure de l'autoroute en provenance de Namur et Wavre, l'annonce de cette destruction inquiète les navetteurs. "Sur le plan des communications et de l'entrée et de sortie de Bruxelles, c'est une cata", souffle l'un d'entre eux. "Je pense que ça créerait sûrement plus d'embouteillages à l'entrée de Bruxelles donc ça ne serait pas très pratique", ajoute une autre. 

Réduction du trafic dans la zone de 10%

Le viaduc Reyers, c'est en quelque sorte le grand frère du viaduc Herrmann-Debroux. Construit dix ans plus tôt, il a été détruit en 2015. Il n'avait pas la même fonction de porte d'entrée de la capitale. Pour les autorités bruxelloises, l'effet de cette destruction est plutôt positif aujourd'hui. "Elle a été le passage à un boulevard urbain où à l' heure actuelle, on a une fluidité raisonnable en fonction de l'emplacement au niveau de la moyenne ceinture. Donc c'est un retour d'expérience plutôt positif", rapporte Camille Thiry, porte-parole de Bruxelles Mobilité. 

Détruire une voirie comme celle-là réduirait naturellement le trafic dans la zone de 10%. La région table, sur l'ensemble de son territoire, sur une diminution du nombre de voitures de 25% à l' horizon 2030. Le nouvel aménagement d'Herrmann-Debroux anticipe cette tendance. Pour les navetteurs, plusieurs alternatives sont prévues. On parle notamment d'un parking de délestage d'environ 1.000 places.

"Vous aurez la possibilité d'avoir une connexion en transports publics en site propre avec le tram 8 depuis ce parking de délestage. Et puis, si vous le souhaitez, vous pouvez vous organiser en amont pour faire du covoiturage ou prendre le train étant donné qu'à ce moment-là, il y aura la mise à quatre voies qui sera effective au niveau du RER entre Ottignies et Bruxelles", précise Camille Thiry.

La destruction du viaduc Herrmann-Debroux doit encore être discutée entre les différentes régions du pays. Les travaux ne devraient pas débuter avant fin 2026 au plus tôt.


 

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