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Ce producteur local souhaite fournir les pierres pour les quais du tram à Liège, mais le marché pourrait lui échapper pour des pierres IRLANDAISES

La solution pour faire face à la pollution, c'est de privilégier les transports en commun. Mais leur mise en place a parfois des conséquences inattendues. Pour confectionner les bordures des quais du futur tram de Liège, il est envisagé d'acheter des pierres... en Irlande. Elles y sont effectivement beaucoup moins chères. Une aberration pour un producteur de Sprimont qui risque de voir ce marché local lui échapper.

Le patron de la carrière de Sprimont vient de recevoir le cahier des charges pour les aménagements des abords du tram et un employé lui fait remarquer un petit détail. Luigi Tontodimamma, administrateur de la carrière de Sprimont nous explique le détail qui l'a choqué: "Il me dit: regarde un peu, le cahier des charges stipule deux pierres: la pierre bleue belge ou l'irlandaise. Pour moi, cela a été un véritable coup de massue. Si on sait qu'on est confronté à la pierre irlandaise, on sait que c'est terminé pour nous."

En Irlande, le prix de la main d'oeuvre est imbattable. Toutes les pierres qui sortent de cette entreprise sont moins chères. C'est un pays européen. Il respecte les critères éthiques de production, comme ne pas travailler avec les enfants. Ce qui n'était pas le cas pour les pierres asiatiques. 

En revanche, l'entrepreneur liégeois aurait aimé que la Région impose des critères écologiques, car pour arriver jusqu'ici les pierres irlandaises seront importées par bateau.

"Je n'arrive vraiment pas à comprendre pourquoi moi, je ne peux pas faire les travaux sur Liège, qui sont, ici, à un jet de pierre", déplore l'administrateur. Et de développer: "Meilleure? La pierre irlandaise ne l'est pas. Je demande juste de faire mes travaux sur ma province."

Contacté par téléphone, l'opérateur de transport de Wallonie affirme qu'il aurait aimé ajouter des critères écologiques restrictifs, mais la législation européenne ne le permet pas encore.

Le marché du tram, c'est 4 à 5 millions d'euros. Si l'administrateur de la carrière de Sprimont perd ce marché et les quelques autres qui vont arriver, cette entreprise de 40 personnes envisage l'avenir de façon extrêmement sombre.

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