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Fouad B., cité dans le dossier du tueur de Liège, aurait confié à un journaliste avant son arrestation à Ensival: "D'autres attaques vont se passer à Liège"

Fouad B., un individu suspecté d'avoir radicalisé en prison Benjamin H., l'auteur de l'attentat terroriste de Liège du 29 mai dernier, a été interpellé à Ensival (Verviers) mercredi en début d'après-midi par les forces spéciales d'intervention. Une jeune fille de 15 ans, qui passait par là par hasard, a assisté à l'arrestation. "Elle a eu très peur", dit sa mère.

"Ma fille de 15 ans est complètement choquée, raconte une mère de famille, préférant conserver l'anonymat. Elle se baladait à Ensival, a entendu un coup de feu et a assisté à l'arrestation d'un homme", explique-t-elle, chamboulée, après nous avoir écrit via notre bouton orange Alertez-nous. 

L'arrestation est celle de Fouad B., un individu radicalisé et recherché par la police. Fouad B., compte plusieurs condamnations pour faits de vol et de violence, fait partie des 25 personnes fichées "radicalisées" de Verviers. Il était en liberté conditionnelle, mais n'en avait pas respecté les obligations. 

 

A-t-il radicalisé Benjamin Herman?

L'enquête suit son cours afin de déterminer s'il fait partie des personnes qui ont radicalisé Benjamin H. lorsque ce dernier était derrière les barreaux. Le parquet fédéral précise toutefois qu'à ce stade de l'enquête, il n'est pas encore avéré que Fouad B. ait radicalisé Benjamin H.

 

Ivre, il a dit à des journalistes qu'il allait "passer à l'acte"

Fouad B. a eu des contacts avec des journalistes récemment. Au cours de cet entretien, Fouad B., qui était ivre, a confié vouloir "passer à l'acte". Les journalistes ont donc prévenu la police, qui a lancé une opération d'envergure pour l'arrêter.

Selon le journal De Morgen, Fouad B. a accordé une interview à un de ses journalistes mardi soir. Le suspect a affirmé "que d'autres attaques allaient se dérouler à Liège". "Si je retourne en prison parce que j'ai dit ça, je m'en fous, mais il va se passer quelque chose. Si je le pense? Je le sais. Ce soir. Les soldats de l'Etat islamique sont en route."

Selon le journaliste, Fouad B. était clairement sous influence, mais ne voulant prendre aucun risque, le journaliste a prévenu la police. "Il y a peu de risque que ce qu'il dit soit vrai", selon une source bien informée au Morgen. "Mais nous devons fermer toutes les portes, éviter tous les risques d'une attaque." Fouad B. a finalement été interpellé à 14h00 ce mercredi. L

'une des conditions qu'il devait respecter dans le cadre de sa libération était de suivre un programme de déradicalisation, affirme De Morgen. "Ils m'ont appelé, mais je leur ai dit qu'ils pouvaient mourir", aurait déclaré Fouad B. à ce sujet lors de l'interview.



Un coup de feu accidentel

L'intervention, qui s'est déroulée au centre d'Ensival, mercredi en début d'après-midi, a été mouvementée puisqu'un policier a été blessé par balle à la suite d'un tir accidentel, a précisé le parquet fédéral. C'est peut-être ce tir que la jeune adolescente a entendu. "Quand ma fille l'a entendu, elle s'est retournée et a vu des hommes se ruer sur lui, raconte sa mère. Elle a compris qu'il s'agissait de policiers en civil".

D'autres témoins livrent leur version au micro de notre journaliste Julien Modave: "On a entendu deux coups de feu, ça nous a fait peur", dit une jeune fille. "J'ai vu la tache de sang", dit une autre riveraine, qui dit ne pas connaître l'individu arrêté. "Je suis sorti et j'ai vu une poignée de personnes avec des brassards qui m'ont dit rentrez chez vous! Ils sont arrivés à une vitesse... A croire qu'ils dormaient dans la rue et que je ne les avais pas vus", dit un autre riverain, impressionné par la rapidité des policiers.

 

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