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Les casseurs à Liège ont infiltré une manifestation: elle visait à dénoncer l'arrestation musclée d'une dame lundi

 
 

Environ 200 casseurs, selon les chiffres de la police, ont attaqué la police et des commerces dans le centre de Liège ce samedi après-midi. Les individus ont justifié leurs actes comme étant une réaction à l'arrestation musclée d'une dame noire survenue lundi 8 mars, sur la place Saint-Lambert. Une manifestation pacifique pour dénoncer l'action de la police était justement organisée ce samedi, et les casseurs ont infiltré l'événement.

La version de la personne arrêtée lundi

Les versions sur l'arrestation de lundi diffèrent totalement. Il y a d'abord celle de la dame arrêtée. Elle s'est confiée au webzine liégeois Boulettes Magazine. Sous le prénom d'emprunt de Tania, elle dit être aide-soignante et mère de trois enfants. Elle raconte cette fameuse matinée du 8 mars, jour où elle a subi une violente arrestation. "Je descendais du bus pour aller sur mon lieu de travail quand j’ai vu une femme au sol entourée de deux officiers de police", raconte-t-elle. "En tant que soignante, j’ai immédiatement tenu à me diriger vers elle, pour lui dire de rester assise, qu’on entendait l’ambulance arriver et qu’elle allait être prise en charge", continue Tania qui cherchait à rassurer la dame.

Les choses ne se sont pas passées comme prévu et Tania aurait commencé à être prise à partie par l'un des policiers. "Quand je me suis approchée d'elle, un des deux policiers m’a touchée. Je lui ai demandé pourquoi, et je lui ai dit qu’il venait de toucher la patiente avec ces mêmes gants et que je ne voulais pas qu’il me touche, avant de faire demi-tour et de continuer mon chemin", assure-t-elle. 

Mais son chemin a vite été interrompu par un contrôle d'identité, lancé par le policier en question. "J’ai d’abord refusé, parce qu’il était 8h30, que je voyais mon premier patient à 9h et que je ne comprenais pas pourquoi je devais lui montrer ma carte", explique Tania qui se rendait tranquillement au travail. Elle précise qu'elle a été obligée de lui donner "parce qu'il était un agent de la loi" et qu'elle ne "voulait pas faire de scène"

Et c'est à ce moment-là que tout a dégénéré. "J’ai ensuite voulu prendre mon téléphone dans mon sac pour prévenir ma patronne que je serais en retard", continue Tania. "J'ai prévenu l’agent que j’allais le faire, et quand je me suis retournée pour le prendre, il m’a dit de reculer avant de sortir sa matraque."

Après avoir sortir sa matraque, l'agent en question aurait "commencé à s'exciter" et aurait demandé qu'elle se mette au sol, ce que Tania a refusé. "J’ai dit que je ne voulais pas, que je voulais juste récupérer ma carte d’identité et aller travailler", assure-t-elle. Le policier aurait ensuite commencer à la "frapper avec sa matraque" sans raison apparente.

"Quand j’ai demandé pourquoi, il m'a dit que c’est parce que je ne le respectais pas. Il a sorti sa bombe lacrymo et je me suis retrouvée à terre. Je ne comprenais rien, ils étaient à deux en train de me menotter", continue-t-elle. 

Et la morsure? Tania ne la nie pas. Selon sa version de l'histoire, elle cherchait à se "défendre". "Le policier m’a mis la main sur la bouche alors je l’ai mordu! Il était en train de m’étouffer. J’ai vu ma vie défiler, je ne voulais pas mourir", explique-t-elle. 

La version de la police

Interrogée par nos confrères de Boulettes Magazine, la porte-parole de la police, Jadranka Lozina est revenue sur cette violente arrestation qu'elle qualifie de "justifiée" et "proportionnée"

"Deux de nos policiers étaient en intervention pour venir en aide à une femme tombée par terre à hauteur de la gare des bus place Saint-Lambert", explique la porte-parole. "Ils lui avaient porté secours, attendaient l’ambulance avec elle et voulaient l’aider à se relever quand a surgi une dame venue de nulle part qui a foncé sur eux et commencé à les invectiver en faisant de grands gestes", continue-t-elle.

Comme Tania, elle raconte qu'elle est ensuite partie, "suite à quoi le policier a voulu contrôler son identité et ça s’est mal passé". C’est donc à partir du moment du contrôle que les deux versions divergent.

"Le policier a sorti sa matraque et le flash pour l’arrêter. C’est un usage proportionné de la contrainte parce que cette dame a fait preuve de violence. En voyant les images sur les caméras de surveillance, ce n’était pas certain qu’il allait arriver à la maîtriser", dit-elle. 

Et qu'en est-il de la morsure? Selon la version de la police, "elle a eu lieu avant que la dame soit à terre". Le policier a attrapé Tania par le bras pour l'arrêter, et "c'est là qu’elle le mord", explique la porte-parole. 

Pourquoi autant de renfort et de policiers présents place Saint-Lambert? Selon la porte-parole, "ils sont arrivés parce qu’ils ont entendu dans leur radio qu’un policier était en difficulté". Et d'ajouter: "On ne les a pas fait venir pour cette dame, et ce n’était certainement pas raciste parce que quand il y a un appel, on ne précise pas la couleur de la personne."

Pour la porte-parole, "la police de Liège n’a rien à se reprocher". Pour elle, les événements survenus place Saint-Lambert ce lundi étaient "une intervention propre, justifiée" et "l’usage proportionné de la contrainte est complètement avéré".


 




 

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