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Saint-Georges-sur-Meuse: mobilisation contre l’ordre de quitter le territoire reçu par deux élèves géorgiens

Saint-Georges-sur-Meuse: mobilisation contre l’ordre de quitter le territoire reçu par deux élèves géorgiens
(c) Google Street View

Plusieurs centaines d'enseignants et élèves de l’Athénée Royale Agri Saint-Georges-sur-Meuse ont marché le jeudi 6 février dernier pour contester l'ordre de quitter le territoire reçu par une famille géorgienne dont deux fils, Beka (18 ans) et Zezva (16 ans), sont scolarisés à l'Athénée. En théorie, la famille Khulelidze, installée en Belgique depuis plus de 10 ans, doit avoir quitté le pays au plus tard le 20 février. "Je suis perdu. Je suis venu en Belgique à 5 ans et j’en ai maintenant 18. Je ne suis jamais retourné en Géorgie et j’ai du mal à parler géorgien. Comment vais-je faire là-bas ? Je ne vais pas retourner en primaire pour apprendre à lire et à écrire géorgien", s'inquiète Beka, l'aîné.

Au cours des années passées en Belgique, la famille a introduit de nombreuses demandes auprès de l'Office des étrangers. Elle a commencé par une demande de statut de réfugié politique qui a été refusée. Deux demandes de régularisation ont aussi été rejetées ensuite. Beka, rempli d'amertume, s'interroge: "J’ai l’impression que leurs décisions sont parfois un peu tirées au hasard car on a rencontré des personnes dans la même situation que nous et qui ont été régularisées."

La date-limite théorique est le 20 février mais la famille ne quittera pas le pays ce jour-là. "Leur ordre de quitter le territoire échoue le 20 février mais cela ne veut pas dire qu’ils vont être embarqués par la peau du cou le 20 pour être mis de force dans un avion", indique Dominique Arnould, la porte-parole de l'Office des étrangers qui ne peut cependant pas donner d'informations sur des cas particuliers, donc sur le cas des Khulelidze.

Après avoir reçu un ordre de quitter le territoire, les familles sont invitées à organiser leur retour. Elles peuvent être accompagnées par des conseillers qui aident à l’organisation du voyage de retour au travers d'un soutien psychologique, de formalités administratives, de la réservation des billets, la préparation de l’accueil au pays d’origine, etc.

Comment la famille a-t-elle pu rester aussi longtemps en Belgique alors que leurs demandes étaient rejetées ? "Ils ont probablement fait plusieurs procédures. Si la décision est négative, elle peut toujours être susceptible d’un recours devant une instance juridique. Ça prend du temps. Il peut se passer plusieurs années avant qu’une décision définitive ne tombe. On essaie toujours de traiter les dossiers le plus vite possible mais nous ne sommes pas les seuls à décider, on dépend d’autres instances. C’est l’attente de tous ces délais qui peut prendre quelques années sur le territoire belge", explique la porte-parole de l’Office des Etrangers.

Le corps enseignant de l’Athénée Royale d’Agri-Saint-Georges a lancé une pétition, qui compte plusieurs milliers de signatures, et organisé une marche afin de montrer leur solidarité. "La situation s’était déjà présentée les années précédentes pour d’autres élèves. Cela a fonctionné pour eux. Il fallait absolument que l’on montre notre mécontentement" expose Madame Rasier, professeure des deux étudiants qu'elle qualifie d'irréprochables : "Ils sont assidus, ont envie de bien faire, ne rechignent pas à la tâche et essaient toujours de comprendre quand ils ont une erreur. Ils sont ponctuels et polis, des élèves brillants."

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