En ce moment
 
 

Olivier, ancien charpentier devenu agriculteur, est en lice pour le titre de la plus belle prairie de Wallonie: "J'ai eu les terrains que les autres ne veulent pas"

Olivier, ancien charpentier devenu agriculteur, est en lice pour le titre de la plus belle prairie de Wallonie: "J'ai eu les terrains que les autres ne veulent pas"
©RTL INFO
 
prairie
 

Le 31 juillet, dans le cadre de la Foire de Libramont sera remis le titre de la plus belle prairie wallonne. 10 agriculteurs sont en lice dans ce concours intitulé "Qu’elle est belle ma prairie !!"

Il est organisé par la FUGEA, Natagora et Natagriwal, et valorise, entre autres, l’élevage extensif en autonomie fourragère. Les agriculteurs ont été sélectionnés pour la qualité biologique de leurs prairies et la durabilité des systèmes mis en place dans leurs fermes.

L’idée est de mettre en avant les agriculteurs exemplaires qui apportent des solutions concrètes et montrent qu'une transition agroécologique rentable et favorable à la nature est possible et existe déjà en Wallonie. Et ce, dans le contexte des crises combinées du climat et de la biodiversité, enjeux de sécurité alimentaire, de santé publique, d'environnement auxquels est confronté le secteur agricole.

De charpentier à agriculteur

Olivier Bailli est l'un des derniers candidats en lice. Il est agriculteur bio à Burtonville dans la commune de Vielsalm. En 2012, ce charpentier de profession (qui possède aussi un graduat en agronomie) s’est lancé dans l’agriculture comme indépendant complémentaire en créant petit à petit sa ferme. Dans quelques jours, après 30 ans passés sur les toits, il arrête et se consacre à 100% à sa ferme.

Dès le départ, il a tenu à intégrer la préservation de la nature à son projet. Parti de rien, il récupère et réaménage des prairies "qui ne valent rien" pour lancer un élevage bio de galloways (vaches rustiques originaires d’Écosse aux longs poils). "J'ai eu les terrains que les autres ne veulent pas et qui ne valent rien pour l'agriculture traditionnelle. Dans ce cas-ci, c'est une prairie humide. Je l'ai rendue fertile pour qu'on puisse pâturer."

"Il y passe un petit ruisseau, il y a des haies, il y a même un petit bois dedans et j'ai implanté un verger", décrit Olivier en parlant de sa prairie reprise pour le concours. 

Sur cette prairie de 2 hectares, il a choisi de faire paître des vaches galloway, habituées à une nourriture plus maigre, mais riche à la fois au niveau biodiversité. On y retrouve ainsi des plantes rares comme le vulpin, le brome mou, la véronique petit chêne, le lychnis fleur de coucou... Côté faune, sa prairie accueille couleuvres, salamandres, et même un couple de milans royaux.

Une agriculture non-intensive est possible

Désormais, avec sa super prairie et ses autres champs, il parvient à une totale autonomie fourragère. Toute l’alimentation en fourrage de sa cinquantaine de bêtes est produite sur ses champs, pas d’intrants.

"On sait exploiter ces prairies-là de manière tout à fait rentable. La biodiversité est tout à fait rentable", affirme Olivier.

Une exploitation montée petit à petit depuis 2012, qui maintenant est assez importante pour pouvoir en vivre. Et faire la preuve qu’une autre agriculture, non-intensive, est possible et rentable.


 

Vos commentaires