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Jean-Philippe, habitant de Trooz, n'a plus le gaz depuis les inondations: pourquoi doit-il encore payer une partie de sa facture?

Jean-Philippe, habitant de Trooz, n'a plus le gaz depuis les inondations: pourquoi doit-il encore payer une partie de sa facture?
(c) Belga
 
 

Jean-Philippe, enseignant, habite Trooz, une des communes les plus touchées par les inondations de la mi-juillet en province de Liège. Victime de ces intempéries, il s’estime néanmoins chanceux : "Dans ma rue nous n’avons pas eu beaucoup de dégâts matériels, contrairement à plus bas dans le quartier." Cependant, sa rue est privée de gaz depuis cette calamité. Dès lors, il est étonné de continuer à recevoir une facture : "Je constate avec étonnement qu'on me facture différents frais : transport, distribution, redevance, taxes diverses… ” précise l’enseignant alors même qu’il ne consomme plus de gaz. Pensant à une erreur, il en a fait part à son fournisseur, Lampiris, “dans l’attente d’une rectification rapide”.

Les frais réclamés dans la facture ne concernent pas directement la consommation de gaz qui est évidemment nulle pour le moment. Ce sont des frais fixes liés à l'entretien du réseau : "Un client classique paye ces frais environ 8 euros/mois" renseigne Laëtitia Naklicki, porte-parole de RESA qui gère les réseaux de gaz et d'électricité en région liégeoise.

De son côté, Lampiris a répondu à Jean-Philippe que pour ne plus devoir payer ces frais, il devait faire sceller son compteur. C'est déjà le cas, le compteur été scellé au moment des inondations, dit Jean-Philippe. En fait, RESA n'a pas communiqué le scellé des compteurs des victimes des inondations aux fournisseurs de gaz comme Lampiris. Conséquence : Jean-Philippe de payer à son fournisseur les frais fixes. Au total, notre enseignant a réglé la somme de 24 euros pour un réseau dont il n’a pas bénéficié.

Payer un petit peu maintenant pour éviter de payer beaucoup plus tard

Pourquoi le gestionnaire RESA n’a-t-il pas communiqué aux fournisseurs de gaz l'information relative aux scellés ? ”Lors des inondations, nous avons scellé des compteurs par sécurité. Cette fermeture n’a pas été pas encodée dans le but d’éviter de lourdes démarches administratives. Si on l'avait fait, le fournisseur aurait été obligé de faire un décompte de clôture, et pour rouvrir il aurait fallu que les clients demandent un nouveau contrat d’ouverture" commence par expliquer l'assistance client de RESA que nous avons appelée.

C'est le fournisseur Lampiris qui poursuit l'éclairage. En cas de fermeture de compteur "nous ne pourrons malheureusement pas reprendre les anciennes conditions tarifaires pour un client qui avait un contrat à prix fixe." Il faudrait donc établir un nouveau contrat. Au prix actuel du gaz qui a fortement augmenté, ce nouveau contrat coûterait beaucoup plus cher au client, jusqu'à deux ou trois fois plus pour certains clients qui ont signé des contrats lors de période où le prix du gaz était beaucoup plus bas. "Et pour un client en tarif variable, le prix de son ancien contrat aurait continué à suivre les fluctuations des prix de marché", ajoute Lampiris.

Retour du gaz fin septembre

Selon le planning de rétablissement du gaz communiqué par RESA, la rue Sainry sera de nouveau alimentée en gaz à la fin du mois septembre. Mais Jean-Philippe, prudent, a préféré ne pas attendre : "On a fait installer un boiler (150 euros) et on va devoir investir très prochainement dans des chauffages d'appoint. Coût total : de 1300 à 1500€. Rien que ça..." affirme-t-il. 

Planning du rétablissement du gaz dans la zone de Trooz

RESA invite ses clients à signaler la situation à leurs fournisseurs et à demander un abaissement des frais fixes qu'ils continuent à payer malgré qu'ils n'ont plus accès au gaz : "Les clients doivent demander la réduction des acomptes à leur minimum à leur fournisseur (…) RESA est uniquement gestionnaire. C’est à chaque client de prendre contact avec leur fournisseur personnel” conseille Laëtita Nackliki. Lampiris se dit ouvert à cette réduction, "Oui, nous sommes prêts à réviser les montants des acomptes des clients” assure le fournisseur de gaz. "Pour les clients contraints à quitter temporairement leur maison, si celle-ci a été endommagée et est inhabitable, nous leur accordons le tarif 'maison vide', si souhaité” précise-t-on. 

Attention, aucun remboursement de ces frais n’est possible, tant que les compteurs ne sont pas fermés, rappelle Lampiris : "Les frais fixes d’utilisation de réseau ne seront pas remboursés si le compteur n’a pas été fermé

La porte-parole de de RESA ajoute pour sa part une information importante : des discussions sont en cours avec la Commission wallonne pour l’Energie (CWAPE) afin "d’isoler ces frais de la facture du client durant les mois où les consommateurs n’ont pas utiliser d’énergie"


 




 

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