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"Après les fraises de Wépion, les bananes d'Enghien": avec cette chaleur, le bananier de Gauthier produit des fruits (photos)

 
 

"Il fait tellement chaud que, pour la première fois cette année, des bananes poussent dans mon jardin!", nous écrit Gauthier, via le bouton orange Alertez-nous. Cet habitant d'Enghien, dans le Hainaut, cultive quelques plantes issues de climats plus chauds dans son jardin, comme un palmier ou un olivier.


"Il y en a 5"

D'habitude, son bananier fait de grandes feuilles très ornementales, mais jamais de fruits. "Pour la première fois, j’ai constaté qu’il développait un gros bourgeon qui s’est transformé en fleur, avec au pied de la fleur un petit régime de bananes. Il y en a 5, qui font environ 6 ou 7 cm pour le moment". 


Pourra-t-il les manger?

"Je suis curieux de voir dans quelques semaines si je pourrai en manger! Après les fraises de Wépion, les bananes d'Enghien?", plaisante-t-il. Nous avons posé la question à un spécialiste. Le professeur Sébastien Massart, du laboratoire de phytopathologie intégrée et urbaine de l'ULg - Gembloux Agro-Bio Tech, répond: "Cela va dépendre de la variété de bananier qui a été plantée, la quasi-totalité des bananes présentes dans nos supermarchés sont issues d’une seule variété, appelée Cavendish, alors qu’il existe plus de 1700 variétés différentes. La texture et le goût du fruit sont donc dépendants de la variété plantée et il n’y a pas de marge de manoeuvre", précise-t-il. Ces variétés sont par ailleurs conservées à Leuven et étudiées à Gembloux.

Il n'est donc pas garanti que le goût et la texture des bananes d'Enghien plaisent...  il faudra goûter ! "Il n’y a pas de risque de toxicité connue jusqu’à présent à consommer des bananes. En effet, les bananes analysées jusqu’à présent ne contiennent pas naturellement de quantité significative de substance toxique", ajoute Sébastien Massart. 

La météo que nous avons connue ces dernières semaines n'est bien évidemment pas étrangère à la floraison et à la fructification de ce bananier. "Il est nécessaire d’avoir des températures suffisamment élevées depuis un certain temps. Pour fleurir et puis donner des fruits, le bananier a en effet besoin de longues périodes de chaleur et donc de la succession de jours suffisamment chaud (on appelle cela une somme de degré-jour)", détaille le spécialiste.

Le calfeutrer un maximum en hiver

Comment le bananier de Gauthier, qui est une plante tropicale et subtropicale, a-t-il pu résister, sous nos latitudes, aux températures hivernales? Cela nécessite quelques aménagements. Nous avons demandé à Gauthier comment il entretenait son bananier. "Ici comme il fait chaud, j’arrose un peu. En hiver, il faut tout couper et il faut le protéger avec une clôture, une bâche, des feuilles mortes, il faut le calfeutrer au maximum. Je fais ça début novembre, puis vers la mi-mars on enlève tout, ça repousse, ça mesure plusieurs mètres de haut".


Les bananiers ne sont pas tous égaux

"Le bananier craint effectivement le froid et une protection telle que suggérée est recommandée mais n’est pas une garantie en cas de fortes gelées", commente le spécialiste, précisant que les variétés de bananier présentent de grandes différences dans la résistance au froid. "En effet, une variété qui provient de la forêt tropicale humide sera a priori beaucoup plus sensible qu’une variété des haut plateaux africains où la température peut chuter fortement la nuit".


 




 

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