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L’étang du Bois de la Cambre inquiète Philippe: "Chaque jour je ramasse 2 ou 3 canards morts"

L’étang du Bois de la Cambre inquiète Philippe:

Préoccupé par tous ces cadavres de canards qu’il repêche chaque matin, Philippe nous a contacté. Il travaille sur l’étang du Bois de la Cambre depuis 8 ans et il n’a jamais vu ça.

"C’est systématique, depuis maintenant plus d’un mois, chaque matin, en arrivant au travail, je trouve deux ou trois corps de canards sans vie. Ils flottent à la surface de l’étang. Je suis inquiet pour ces pauvres bêtes. Personne ne réagit". Philippe a 55 ans et depuis 8 ans, il est aux commandes du bac qui relie le parc à l’île Robinson, au cœur du Bois de la Cambre. "Tous les canetons nés au printemps s’éteignent peu à peu. Il y a sûrement un problème de pollution. Depuis l’âge de 12 ans je fréquente cet étang, j’y venais pêcher avec des amis quand la pêche y était encore autorisée. Aujourd’hui il y a beaucoup moins de poissons et maintenant, ces canards qui meurent sous mes yeux, c’est trop. Il y en a un, près de moi, au moment où je vous parle, qui a l’air vraiment mal-en-point. Il coule à moitié", nous décrivait-il, agacé, via notre bouton orange Alertez-nous.

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Des décès dus à la pollution ?

Philippe soupçonne une mauvaise qualité de l'eau de l'étang. "Il y a une grande bouche d’égout d’1 mètre 50 de haut sur 50 centimètres de large. Parfois, il y a une sorte de liquide vert qui en sort et s’écoule dans l’étang", dénonce-t-il. Philippe nous affirme avoir alerté la Ville de Bruxelles sur ce point, mais "ils sont venus faire des prélèvements mais ensuite, je n’ai jamais eu de nouvelles", s’énerve-t-il.

Nous les avons donc recontactés et d’après Dhoha Smida, l’attachée de presse du cabinet de Khalid Zian, l’échevin des Espaces verts et de l'Environnement à la Ville de Bruxelles, il n’y aurait, à l’heure actuelle, aucun décès anormal au sein de la faune aquatique dans le Bois de la Cambre. "S’il y avait eu un soucis, nous aurions alerté les autorités compétentes. Nous tenons des comptes journaliers du nombre d’animaux morts ramassés quotidiennement et rien ne semble étrange pour cette période de l’année. En plus, l’intercommunale bruxelloise des eaux, Vivaqua, contrôle régulièrement la qualité de l’eau de nos étangs et aucune alerte ne nous a été communiquée", explique-t-elle.


Fortes chaleurs ou botulisme, plusieurs causes sont possibles

"Chaque année, durant les mois les plus chauds –souvent juillet et août– le 'plan fortes chaleurs' est activé, surtout pour les personnes âgées. Et bien il y a aussi un 'plan fortes chaleurs' pour les oiseaux aquatiques", raconte Mario Ninanne, ornithologue et porte-parole de l’asbl Bruxelles Nature. La chaleur favorise le développement de certaines algues qui asphyxient la vie sous-marine. Mais –et surtout dans les étangs urbains– il y a aussi bien d’autres sources de pollution.


Ne plus nourrir les canards ?

Par exemple, nourrir les canards ou autres oiseaux d’eau est problématique, surtout en été. Le pain et d’autres nourritures jetés dans l’eau fermentent et favorisent le développement de bactéries à l’origine du botulisme. Ces bactéries et toxines botuliques contaminent la nourriture présente dans l’étang. Les canards, ou autres volailles aquatiques, les ingèrent et sont intoxiqués. Ils deviennent alors progressivement paralysés des pattes, des ailes et du cou. S'ensuit la paralysie du système respiratoire et la mort de l’oiseau.

"Certains étangs sont plus vulnérables, notamment celui du Bois de la Cambre, un plan d'eau artificiel, calme, sans réelle source pour l’alimenter. Dans les étangs forestiers avec de l’eau courante et moins fréquentés, le botulisme est plus rare", poursuit Mario Ninanne. "Si de nombreux canards sont retrouvés morts tous les jours, il y a lieu de s’inquiéter. Des analyses devront être nécessaires mais pour l’instant je n’ai encore entendu parler de rien", conclut-il.

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Faut-il s’alerter ?  

"Ici, le botulisme est possible, la période de l’année y est assez propice. Il existe plusieurs souches, celle concernant les canards n’est pas transmissible à l’homme mais tout de même, il vaut mieux éviter de les toucher", explique Jean-Sebastien Walhin, porte-parole de l’AFSCA, l’agence fédérale pour la sécurité alimentaire.

"Tout au long de l’année, la Région bruxelloise effectue des contrôles dans les milieux verts. Il y a tout un monitoring passif de la faune bruxelloise et en cas d’anomalies, c'est donc la Région qui déclenche l’alerte et des mesures sont prises", conclut-il.

Si vous constatez un nombre important d'oiseaux aquatiques morts à un endroit donné, près des étangs bruxellois par exemple, ça peut être un élément déclencheur de l'alerte. N'hésitez donc pas à contacter la Région.

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