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Ismail a fait un périple à vélo de Bruxelles à Helsinki: il a reçu un soutien inattendu sur les réseaux sociaux

Ismail s'est lancé un défi un peu fou : partir à vélo de Grand-Bigard (Dilbeek), où il habite, pour rejoindre Helsinki, en Finlande, où il a toute sa famille maternelle. Parti début juillet, il a roulé pendant 9 jours, en passant par les Pays-Bas, l'Allemagne, le Danemark et la Suède. Un voyage effectué tout seul et dont il a partagé quelques photos sur les réseaux sociaux. Surpris par l'intérêt des internautes, le Bruxellois de 26 ans nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous pour nous en dire plus.


Un voyage inspiré d'un article lu dans le journal

Étudiant en kinésithérapie, Ismail travaillait le week-end et pendant les vacances au Decathlon d'Anderlecht. Il y réparait des vélos. "À force de chipoter là-dedans, d'en réparer, d'entendre des histoires, de gens qui allaient au boulot à vélo etc. Je me suis dit 'pourquoi ne pas faire quelque chose d'un peu plus spécial, une fois?'", raconte-t-il. L'idée de ce périple à vélo s'est imposée à lui l'année dernière alors qu'il était en Finlande. "J'ai lu dans le journal qu'il y a une retraitée de 72 ans qui a fait la Finlande du sud au nord à vélo, toute seule. Je trouvais ça impressionnant. Je me disais que si elle peut le faire, ce serait honteux que moi, à mon âge, je ne puisse pas faire quelque chose comme ça". Ismail a gardé le projet dans un coin de sa tête et attendu la fin de ses études pour le mettre en œuvre.


L'envie de se "vider la tête"

Fin juin 2019, son master de kinésithérapie en poche, Ismail a commencé les vacances par un enterrement de vie de garçon en Croatie. Après une semaine de fête avec son groupe d'amis, le jeune homme a eu envie d'autre chose. "Je me suis dit 'dès que je rentre, je pars tout seul me vider la tête'", raconte-t-il. Décision est prise de partir à vélo pour Helsinki. Pour l'occasion, il a acheté un "Gravel bike", un vélo tout-terrain conçu pour parcourir de longues distances.


 
Trois premiers jours difficiles

Ismail est finalement parti le mercredi 10 juillet. Il n'était pas préparé à de tels efforts physiques. Il a roulé en moyenne 150 kilomètres par jour, sa performance variant en fonction de la météo et de la pente. "Les trois premiers jours, c'était chaud. J'avais des courbatures. J'ai pris des anti-inflammatoires parce que le soir j'avais mal aux cuisses et tout", raconte-t-il. Il ne s'attendait pas à connaître à une telle fatigue et a tiré un trait sur l'idée de camper. "J'avais pris une tente avec moi mais je n'avais pas la force pour la monter. J'avais besoin d'une douche et de bien dormir parce que j'étais vraiment K.O", raconte-t-il.

Lui qui n'est pas un féru de cyclisme, mais plutôt un amateur de foot, a été surpris par la solitude de l'exercice. "T'es assis sur ton vélo, tu rentres à l'auberge. T'es fatigué, t'as envie de parler à personne et tu te couches", raconte-t-il. Mais après trois jours, il se sentait de mieux en mieux. "On s'habitue à être tout seul et puis ça va", confie-t-il.


 
Des messages d'encouragement envoyés par des inconnus

Lorsqu'il prenait une pause ou le soir venu, Ismail partageait quelques photos de son voyage sur les réseaux sociaux. Pas autant qu'il l'avait prévu. "Je pensais faire des petits discours et parler un peu", se souvient-il. Mais épuisé, il tombait de sommeil. À sa grande surprise, ses quelques publications ont tout de même suscité un vif intérêt. "J'ai eu des messages de gens que je ne connaissais pas et qui regardaient mes stories, m'envoyaient des messages de félicitations, des encouragements", se réjouit-il.


Son smartphone brisé, il se retrouve sans GPS

Le 4e jour de son périple, Ismail est passé de l'Allemagne au Danemark. Il a commencé un ressentir un dépaysement plus intense. "Tout est un peu différent. On n'est pas habitué à voir ce genre de paysages, les maisons typiques, avec le drapeau de leur pays dans le jardin", décrit-il. Ce dimanche a également été marqué par la perte de son smartphone, outil qui lui servait de GPS. "Je pense que je l'avais mal clipsé. Je prends une petite bosse et boum mon téléphone saute et tombe au sol. L'écran était foutu. Là j'ai eu chaud. J'avoue", confie Ismail. 50 kilomètres le séparaient de la prochaine ville, Kolding. Il a suivi les panneaux et est finalement parvenu juste à temps en ville pour acheter un nouveau smartphone. 


 
"J'avoue que c'était émouvant"

Ismail a pris deux fois le bateau au cours de son voyage. Une première fois, de Grenå (Danemark) à Varberg (Suède). Un ferry de nuit qui partait à 23h30 et arrivait à 5h du matin. Il a embarqué en soute, à vélo, au milieu des voitures et des camions. "C'était assez bizarre", confie-t-il. Puis, après avoir parcouru la Suède d'Est en Ouest, Ismail a passé une autre nuit dans le ferry : de Stockholm (Suède) à Helsinki (Finlande), où il est arrivé le 19 juillet. Un petit comité d'accueil familial l'y attendait. Une surprise touchante. "En sortant du bateau, je les vois attendre au port, tous sur leur vélo. Hyper joyeux. La banane au visage, j'avoue que c'était émouvant. C'était chouette. Ça m'a rendu assez fier", confie Ismail.

Le retour en Belgique a eu lieu août. En avion, cette fois. "J'ai assez donné !", s'amuse Ismail. Le vélo tout neuf attendra donc chez son grand-père que son propriétaire se lance dans de nouvelles aventures. Cela pourrait ne pas tarder. Ismail envisage de refaire le même parcours avec de la compagnie et prendre le temps de visiter. "Ça peut être génial à 3 ou 4. Là, je pédalais, c'était ça mon objectif", explique-t-il. Le jeune homme pense également parcourir la Finlande du sud vers le nord. "C'est une bonne manière de voir du pays", conclut-il.


 

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