L’incroyable transformation de Damien, un habitant de Liège ex-obèse devenu modèle et acteur aux airs de Ian Somerhalder de Vampire Diaries

L’incroyable transformation de Damien, un habitant de Liège ex-obèse devenu modèle et acteur aux airs de Ian Somerhalder de Vampire Diaries

Damien a voulu partager son parcours avec les lecteurs de RTLinfo: "Je souhaite montrer aux gens qu'il est possible d'arriver à quelque chose si on se donne à bloc. Je souhaite aussi montrer qu'il ne faut pas attendre pour effectuer ce que l'on aime dans la vie, sous peine de regrets…", nous écrit-il via le bouton orange Alertez-nous. Ce jeune homme de 28 ans s’est en quelque sorte métamorphosé ces dernières années. Alors qu’il affichait un surpoids important il y a cinq ans - à 120 kilos, il était considéré, selon le calcul de l'IMC, l'indice de masse corporelle, comme obèse - il a perdu plus de 40 kilos afin d’être, nous a-t-il expliqué, en phase avec lui-même et avec l’image qu’il renvoie. Sa motivation ? L’envie d’enfin réaliser son rêve: devenir acteur.

Ce jeune Français, originaire du Pays basque, est arrivé à Liège il y a cinq ans, d’abord dans l’idée de simplement "changer d’air" quelques temps. Il est alors tombé amoureux de la Belgique, mais aussi d’une Belge, avec qui il s’est installé dans la Cité ardente. C’est là qu’il a opéré sa transformation, fin 2012. "Quand j’étais gros, je voulais déjà être comédien, acteur, ou tout ce qui est lié à la voix, au doublage… Le problème, c’est que quand on est gros, on n’a pas confiance en soi, on est complexé, et on toutes ces tares qui viennent un peu entraver tout ce qu’on pourrait donner à l’écran ou à la voix", nous explique-t-il.


"Je n’arrivais pas du tout à exprimer quelconque émotion à la caméra ou à la voix"

Le but de sa perte de poids, précise-t-il, n’était pas lié à des critères purement esthétiques: "Il y en a beaucoup qui croient que c’est parce qu’on devient un "beau gosse" – même si je n’aime pas ce mot-là - ça y est, tout est possible. Pour moi non, c’est faux, pour l’acting, c’est autre chose, c’est une image qui corrèle avec un esprit. Il y en a qui sont forts en poids et qui arrivent très bien à avoir un jeu d’acteur magnifique parce qu’ils sont justement en accord avec eux-mêmes".

Damien, lui, ne se sentait juste pas en accord avec lui-même. Lorsqu'il parle de tares, il évoque des problèmes de thyroïde et de régulation d’hormones qui accompagnaient son surpoids, ce qui lui valait par exemple d’avoir le visage particulièrement gonflé: "C’est vraiment tous ces complexes que je qualifie de tares, parce qu’au final, à cause de tout ça, je n’arrivais pas du tout à exprimer quelconque émotion à la caméra ou à la voix, sans avoir un stress lié à ça. J’étais toujours mal dans ma peau, j’ai essayé de faire des métiers par défaut au début, trouver une autre voie, mais c’est une véritable passion, on ne peut pas s’en passer".


"Est-ce que je continue à subir ma vie, où est-ce qu’à un moment, quitte à me planter, j’essaye..."

Niveau carrière, justement, Damien a enchaîné pas mal de boulots qu'il qualifie d'"alimentaires": "J’ai commencé sylviculteur-bûcheron à 14 ans, en France. J’étais apprenti. Ce n’est pas un métier qui me déplaisait, mais je sentais que je n’étais pas à ma place. Pourtant, j’ai toujours été un bosseur, dans les boulots de ce style-là. Après j’ai été par moments facteur, homme de ménage, j’ai bossé à l’usine, j’ai été plongeur, tous ces trucs-là, j’ai fait ça pendant 12 ans. Puis on se dit, il va falloir un petit peu cadrer l’épanouissement. C’est vrai que des métiers comme ça, même s’il faut bien manger, niveau épanouissement, ce n’est pas le summum", estime-t-il.

Un jour, il aura le déclic pour amorcer sa démarche de changement: "Ca a été des échecs professionnels, la mort de mon père, et puis l’envie de vivre ce que j'avais envie de vivre. Je me suis dit, est-ce que je continue à subir ma vie, où est-ce qu’à un moment, quitte à me planter, j’essaye... je ne regrette pas".



"Ça a été un cadrage, parce que je n’aime pas le mot régime"

Les photos "avant-après" sont impressionnantes. Comment Damien s'y est-il pris pour se transformer ainsi? Il nous explique avoir fait la rencontre d'un coach, qui l'a pris en charge. "J’ai fait 6 mois de sport intensif quand je suis arrivé ici, à fond les ballons avec le coach. Après, il a adapté l’entraînement. C'est un coach qui avait aussi des compétences dans les handisport, avec des compétences particulières, et grâce à ça, je pense qu’il a adapté les entraînements à mon cas, et même si c’était dur, ce n’a pas été nocif". Ce coach lui a aussi conseillé un programme alimentaire adapté à son cas. "Ça a été un cadrage, parce que je n’aime pas le mot régime. Il y a trois macro éléments essentiels, les protéines, les glucides et les lipides, et dans mon cas, ça a été un cadrage de ces macro-éléments, et évidemment essayer de manger le moins transformé possible, le plus sain possible, et du coup cuisiner un maximum soi-même".


"Je ne faisais vraiment plus attention sur la fin"

Outre les conditions particulières qui l'affectaient et dont il nous a parlé - dérèglement hormonal, hypothyroïdie - Damien nous explique qu'il en était arrivé au point où il a baissé les bras: "Je ne faisais pas le con au niveau de la bouffe, je ne mangeais pas des quantités de fou, mais il y a un moment où je me suis dit, je fais gaffe, je grossis quand même, alors à quoi bon, si c’est comme ça, je ne fais plus attention. Je ne faisais vraiment plus attention sur la fin: c'étaient des purées des viandes grasses, des glaces au dessert.. Ok il y avait le trouble hormonal, c’est sûr, mais si javais continué à faire attention, même si je grossissais à ce moment là, je n'aurais pas atteint 120 kilos, je serais resté à 100 par exemple", nous confie-t-il.


 


Poser nu: un défi "ultime"

Le rééquilbrage a donc porté ses fruits, fallait-il encore assumer ce "nouveau" corps, en prendre conscience. "J’ai pris les devants assez récemment parce que j’ai mis du temps à oser me lancer", nous confie Damien. Il a postulé aux Beaux-Arts de Verviers, où il a été pris comme modèle de pose. "J’ai fait ça, parce que je sais que même s’il y a du nu, c’est le défi ultime au niveau des complexes, pour voir si je peux les passer ou pas. On est à nu devant des gens qui nous dessinent ou nous peignent, et on ne peut pas faire semblant, on y va ou on n’y va pas. C’est un excellent remède, parce que j’ai réussi à passer le cap, et depuis ça, je n’ai plus peur de rien, entre guillemets, caméras, appareils photo, et ça a été un genre de débridage. En plus, on peut voir notre vision du corps sur plusieurs artistes, parce que beaucoup de gens peignent de manière différente et ont tous une représentation différente du corps qu’ils voient", nous dit-il, en relativisant: "On est dans l’angoisse un instant, puis ça finit par passer. On est tous foutus pareil, quelque part". 


Sa ressemblance avec Ian Somerhalder? Il n'en était pas conscient

Damien a postulé dans plusieurs agences à Bruxelles, où on lui a fait remarqué sa ressemblance avec Ian Somerhalder, l'acteur de Vampire Diaries (photo ci-dessous). Si vous l'aviez remarquée directement, lui l'assure, il n'a rien fait pour: "C’est vraiment pas des blagues. Un jour on m’a dit, tu lui ressembles, je suis allé voir, et je me suis dit, non de dieu mais c’est mon frère ce type, c’est pas possible ?", s'amuse-t-il. "J’avais été voir un relookeur après la perte de poids, il m’avait dit fait ça, ça, et moi j’ai juste suivi bêtement ses conseils, je n’ai pas cherché à ressembler à quiconque. Après un an, je me suis dit je reste comme ça. Je ne suis pas non plus un sosie, j’ai mes traits", précise-t-il. 


 

Dans les agences où Damien s'est inscrit, on lui a conseillé de viser les agences anglophones, raison pour laquelle il travaille son anglais. Il planche également sur un projet de livre audio, où il réalise les doublages et les illustrations. De quoi étoffer le fameux "book" indispensable à toute personne souhaitant se lancer dans une carrière d'acteur.

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