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Maltraitance animale à Trazegnies? Le mystère des "crânes fracassés" retrouvés par Anne-Manuella

Maltraitance animale à Trazegnies? Le mystère des

Une habitante de Trazegnies suspecte des chasseurs de maltraitance animale. Les preuves avancées ont été jugées insuffisantes mais d'autres pistes sont suivies par les autorités.

Sa découverte de restes d'animaux dans les bosquets d'un terrain proche de chez elle, à Trazegnies, l'a beaucoup émue. Anne-Manuella, membre du comité consultatif du bien-être animal de la commune, se doit de garder un œil attentif à ce qui pourrait relever de la maltraitance animale. Éducatrice de profession, elle est également inspectrice pour la chaîne bleue, une association qui oeuvre pour le bien-être animal. "Je fais vraiment fort attention à tout ce qui concerne les animaux", confie-t-elle. Cette femme de 51 ans nous a contactés via notre bouton orange Alertez-nous pour dénoncer "une cruauté sans pareille envers les animaux".


"Des choses pas nettes" près de chez elle

Les allées et venues de voitures dans un coin du village où "il n'y a rien à faire", raconte Anne-Manuella, lui ont mis la puce à l'oreille. "Ils doivent faire des choses pas nettes", a-t-elle pensé. La Trazegnienne est allée jeter un coup d’œil et a trouvé des pièges, des collets et des appâts. "J'ai tout porté à la cellule (NDLR: du Bien-être animal de la Commune de Courcelles)".


"J'ai réussi à les semer"

Une quinzaine de jours plus tard, Anne-Manuella est retournée sur les lieux. Elle a de nouveau trouvé des pièges qu'elle a emportés avec elle. Contre toute attente, une course poursuite s'est engagée : "Je suis montée dans ma voiture avec les sacs, ils m'ont repérées alors qu'ils arrivaient sur place. Ils m'ont suivie. Comme j'habite la commune j'ai réussi à les semer. Je suis passée par un sens interdit", raconte-t-elle.


 
"On a trouvé plein de squelettes"

"J'ai eu peur", confie Anne-Manuella. Mais la quinquagénaire de marteler: "Je suis déterminée, je ne supporte pas qu'on fasse du mal aux animaux". Quelques jours plus tard, elle est revenue accompagnée d'un ami, également membre de la cellule du bien-être animal. "On a trouvé plein de squelettes", relate-t-elle. "Des crânes fracassés et coupés retrouvés dans les bosquets", dit-elle.

Cette découverte a profondément choqué Anne-Manuella. Selon elle, il s'agit de restes de renards et de chats qui ont été dépecés. Des animaux qui, parce qu'ils tuent les lapins, importuneraient les chasseurs. Anne-Manuella a montré ces os aux responsables du bien-être animal de la commune. Une plainte a été déposée auprès du département de la nature et des forêts.


Pas assez de preuves pour poursuivre l'enquête

Révoltée, Anne-Manuella a contacté plusieurs médias et lancé une pétition en ligne. Elle a également montré les ossements à son voisinage. "On me dit qu'il y a une extermination en nombre de renards, de chats. On me dit que les chats disparaissent beaucoup à Trazegnies", rapporte-t-elle. Certains pensent à un trafic de fourrure. Mais les autorités ne prennent pas en charge cette affaire comme elle le souhaite.

Pour le département de la nature et des forêts, compte tenu de l'état de décomposition des animaux, l'origine de leur mort ne peut simplement pas être déterminée. Une experte citée par La Meuse écarte l'idée des "crânes fracassés" avancée par Anne-Manuella : "Je pense qu’il s’agit d’animaux tués par des chasseurs et qui ont été abandonnés l’année dernière au moins ! Les os sont apparus parce que l’animal s’est décomposé, ce qui veut dire qu’il était là depuis un bout de temps." L'enquête est donc clôturée concernant ces ossements.


Du poison retrouvé dans la zone

"Je suis un peu dépitée", confie Anne-Manuella. "On laisse tomber", regrette-t-elle alors qu'elle a passé un mois avec un sac d'os dans son coffre. Ne se passe-t-il donc rien à Trazegnies qui enfreindrait la législation sur la chasse en région wallonne ? Pas sûr. "Sans trahir de secret", Hughes Neirynck, échevin des finances et du bien-être animal, nous indique qu'il y a "d'autres éléments": "On a déjà retrouvé d'autres choses dans cette zone, du poison... ce qui strictement interdit. Mais on ne sait pas qui vient le déposer". L'échevin assure que ce quartier est désormais "particulièrement surveillé".

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