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Réveil douloureux à Fleurus: "Un scorpion a piqué ma compagne dans notre chambre" (photo)

Dimanche dernier, au saut du lit, un couple de Fleurus a découvert un scorpion dans sa chambre. Il a piqué la compagne de Patrick, qui a alerté RTLinfo.be. Analysé par l'Institut Royal des Sciences Naturelles à Bruxelles, il s'avère que l'animal est un scorpion très répandu dans le sud de l'Europe et qui a tendance à se cacher dans les valises des vacanciers. Problème: le couple ne revenait pas de vacances et n'a pas de voisins...

"Comme j’ai l’application RTL.be, je me suis dit: 'Je vais lancer le buzz: J’ai découvert un scorpion vivant chez moi, hallucinant quoi !'" Voilà ce qui a décidé Patrick à nous envoyer la photo prise avec son smartphone et qui illustre cet article.

Six heures à l'hôpital

Les faits se sont déroulés le dimanche 6 octobre à Fleurus dans le Hainaut. "Il était 9h du matin" lorsque Patrick et sa compagne se réveillent. Elle remarque "une peluche par terre" et la ramasse... "et boum! Elle est vivante!", s'exclame Patrick. "La chose se faufile sous l'ordinateur. On allume la lumière et on découvre un bébé scorpion. Ma compagne s’est même fait piquer. Une heure après on était à l’hôpital de Charleroi où elle est restée 6 heures en observation." Patrick emporte avec lui le scorpion encore vivant. "Il faisait environ 4 cm de long et était tout noir. Ils l’ont gardé à l’hôpital est l’ont envoyé au Musée des Sciences Naturelles à Bruxelles", explique-t-il.

 

Partout dans le sud de la France, en Espagne et en Italie

Conservé dans de l’alcool, le spécimen arrive à destination et est confié à Léon Baert, arachnologue à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique. "C’est une espèce du sud de l’Europe, l’Euscorpius flavicaudis, un scorpion à dard jaune. On en trouve partout dans le midi de la France, mais aussi en Italie et en Espagne", révèle-t-il, ajoutant que "ce spécimen était un adulte". Les scorpions de cette espère courante mesurent en effet entre 3,5 et 4,5 cm.

Des passagers clandestins

M. Baert n’a pas eu de mal à l’identifier: "C’est la 3ème fois depuis septembre que je reçois un spécimen de cette espère ou qu’on me téléphone parce qu’on en a retrouvé un en Belgique." Voir ce scorpion sous notre latitude n’est donc pas rare: "Ce n’est pas nouveau. Je répertorie chaque spécimen trouvé en Belgique depuis 10 ans et on en trouve régulièrement chaque année", révèle l'arachnologue. L’été et la période de septembre à octobre sont d'ailleurs particulièrement propices à l'arrivée de ces scorpions chez nous, puisque les Belges les ramènent de vacances sans le savoir! "Ils grimpent dans les valises. Parfois, ils sont même plusieurs. Il y a quelques années, une femme à Liège avait trouvé plusieurs spécimens dans son jardin."

"Pas dangereux"

La compagne de Patrick, de son côté, a pu sortir de l’hôpital après l'observation. Car si "sa piqûre fait mal", ce scorpion européen "n’est pas dangereux", assure le spécialiste des araignées, même si, comme pour toutes les piqûres, personne n’est à l’abri d’une réaction allergique.

Pas d'invasion constatée en Belgique

Le couple se pose cependant toujours la question: comment s’est-il retrouvé dans leur chambre? Ils ne sont pas revenus de vacances récemment et "les seuls voisins qu’on a ce sont les champs et les vaches", s’étonne Patrick. Deux pistes pourraient expliquer la provenance de l’animal: "Il y a 2 semaines, j’ai ramené un meuble en kit et ils ont changé récemment un chauffage de la piscine de Fleurus, le bâtiment le plus proche de la maison", avance-t-il. Le scorpion a donc pu se faufiler dans les cartons d’emballage si l’un ou l’autre provenait du sud de l’Europe. Dernière possibilité: l’espère débarquerait-elle chez nous avec le réchauffement climatique? "Pas à ma connaissance", tempère l’arachnologue. "On manque d’étude pour l’affirmer" et cette espèce n’est pas censée résister à nos hivers rigoureux. Quoi qu'il en soit, ne paniquez pas si vous rencontrez ce petit scorpion noir aux légères touches jaunes. Capturez-le et envoyez-le au Musée, où il ira garnir les étagères des collections.

Gaëtan Willemsen

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