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Une femme de 80 ans agressée dans le parking du Basilix à Bruxelles en présence de son mari handicapé : "Il s'est jeté sur mon cou"

Une femme de 80 ans agressée dans le parking du Basilix à Bruxelles en présence de son mari handicapé :
© Pixabay

Une octogénaire a été attaquée dans le parking d'un centre commercial de Berchem-Sainte-Agathe, jeudi dernier peu avant 19h. La Molenbeekoise, encore sous le choc, raconte son histoire et réclame des solutions pour sécuriser les lieux. La direction du centre commercial a d'ores et déjà pris des dispositions.

"J'ai été sauvagement agressée par un individu dans un parking couvert du Basilix, un centre commercial de l'avenue Charles-Quint à Berchem-Sainte-Agathe", débute la victime via le bouton orange Alertez-nous. Les faits se sont produits le 21 février. Viviane (prénom d'emprunt car elle veut garder l'anonymat), nous décrit la scène d'une grande violence.

Il est 18h45. La femme de 80 ans et son mari viennent de finir leur course dans un supermarché qui se trouve dans le shopping. Son époux, âgé de 89 ans, a besoin de son aide pour se déplacer. "Après les courses, nous avons pris l'ascenseur. Un jeune de 20 ou 25 ans est entré et est allé dans le fond. Je lui ai demandé à quel étage il allait. Il m'a fait signe qu'il allait au premier", détaille-t-elle.

Arrivé à l'étage indiqué, l'homme sort de l'ascenseur, mais fait demi-tour après quelques pas et entre à nouveau dans l'ascenseur. "Mon mari et moi étions toujours seuls", précise la Bruxelloise.

Arrivé à l'étage où se trouve le véhicule du couple, l'homme se précipite pour sortir avant les octogénaires. Ces derniers sortent de l'ascenseur à leur tour... "Ma voiture était tout près, mais mon mari devait m'attendre, car il faut que je fasse marche arrière pour qu'il puisse entrer. J'ai mis mes petites courses dans mon coffre et j'ai dit à mon mari de m'attendre", se souvient-elle.

La femme doit donc reculer sa voiture garée sur un emplacement pour personnes handicapées, afin de faciliter l'accès à son compagnon. La Molenbeekoise s'installe donc du côté du conducteur. Prête à démarrer, elle remarque alors que le jeune homme de l'ascenseur est debout à un mètre de son véhicule. "Il me demande la sortie... alors je fais signe avec ma main, mais il me fait signe qu'il n'a pas bien entendu. Alors j'ouvre ma portière de 5 centimètres", explique Viviane.

C'est alors que l'agression se produit, à quelques mètres de son mari...

"L'homme s'est jeté sur mon cou, il m'a tirée. Il a voulu me faire sortir par la gorge. Ma tête était pendue en dehors de la voiture", raconte la victime, encore sous le choc.  Selon elle, l'individu tente de la faire sortir du véhicule par le cou. "La personne a arraché mon collier. Mon mari, le pauvre, était en retrait. Il n'a pas vu la scène puisque c'était côté chauffeur. J'ai hurlé, j'ai klaxonné, mais il n'y avait personne dans ce parking où la lumière est très faible", décrit celle qui déplore que les lieux ne possèdent "aucune camera de surveillance". "Cet homme nous a suivis et s'est certainement caché", pense  l'octogénaire.

Face à l'agresseur, son époux ne peut rien faire... Tout va très vite, trop vite. Il ne voit rien d'où il se trouve mais il entend les cris de son épouse désemparée. "L'individu s'est encouru devant lui à une vitesse inouïe. Mon mari va avoir 90 ans. Il a été opéré deux fois à cœur ouvert, il a été opéré des reins. Il a une hanche remplacée. Il ne sait presque pas marcher pourtant, c'est un homme volontaire. Il s'est senti impuissant de ne pas pouvoir me défendre", nous confie-t-elle avant d'avouer que ce dernier "ne va pas bien du tout" suite à l'agression.

"Ensuite, des gens sont arrivés, mais l'homme était déjà parti. Mon mari a crié : "On a attaqué ma femme". La police est arrivée sur place. Ils ont pris ma déposition au bureau de police à Berchem-Sainte-Agathe", nous explique la cliente habituée du Basilix.

Nous avons contacté la zone de police Bruxelles-Ouest. Elle confirme les faits et nous précise que "l'enquête est en cours".


"Si on n'en parle pas, cela va continuer"

Cette agression a été traumatisante pour Viviane et son mari. "Je ne vous cache pas que j'ai passé deux jours au lit. Ce n'est pas rien. Je ne le souhaite à personne", confie Viviane, qui nous dit avoir encore les marques de l'attaque autour du cou.

Cette dernière souhaite parler de cette agression afin de faire bouger les choses pour que tous les parkings soient équipés de caméras et que des agents de sécurité surveillent les lieux régulièrement. A travers le pays, "des gens se font agresser mais ne portent pas plainte ou n'en parlent pas", déplore Viviane. 

"Si on n'en parle pas, cela va continuer. Il faut bouger, car c'est trop grave",
renchérit la Bruxelloise. "Les handicapés qui sont là pensent qu'ils sont en sécurité dans le parking. Je connais des gens qui sont là tous les jours et qui se garent sur ces places", s'exclame-t-elle.

"Quand ça arrive aux autres, on pense à ça en diagonale, on se dit que ce n'est peut-être pas grave. Mais quand on le vit soi-même, c'est atroce", explique la femme. Après un entretien téléphonique, cette dernière va rencontrer la directrice du shopping. "C'est une histoire que je ne laisse pas comme ça (...) il faut en parler car je ne veux pas que ça arrive à d'autres", lance la Bruxelloise déterminée. 


"Avec cette agression, on accélère dans les démarches"

De son côté, le centre commercial se dit "désolé" et espère que la police retrouvera rapidement l'homme qui a agressé sa cliente. C'est la première fois que ce type d'incidents se produit dans le bâtiment depuis la nouvelle gestion, nous dit la direction. "On est nouveaux propriétaires depuis trois ans et on s'est tout de suite rendu compte qu'il y avait une nécessité de mettre des caméras dans le centre commercial... Pas parce qu'on a des incidents, car ici, c'est quand même un shopping qui est fréquenté par une bonne clientèle", débute la directrice du shopping. 

"On a rarement des agressions, c'est d'ailleurs la première depuis qu'on est sous gestion de ce centre commercial. Le but de mettre des caméras était de lutter contre le vandalisme des voitures mal garées, les tags sur les murs... pour qu'on puisse être équipé", souligne-t-elle. 

"Notre parking est gratuit et on n'avait pas vraiment besoin de ça, mais avec cette agression, on accélère dans les démarches", avoue la directrice. 
"On a l'intention de rénover complètement les façades du centre commercial (...) mettre le WIFI (...) Et dans le projet des rénovations, on a aussi des installations électriques qu'on est en train de mettre en place. Donc beaucoup de travaux vont être lancés pour rendre le shopping tout à fait attractif et sécurisé, pour être convivial", nous explique la directrice.

Elle nous informe que le Basilix a mis en place des mesures immédiates suite à l'agression. "Ici, d'office, les vigiles vont aussi dans les parkings, car on a une équipe dans le centre commercial. Mais ici, vu l'incident qu'il y a eu, et ça s'est fait en un rien de temps, on a mis un agent en plus pour être constamment dans les parkings (...) Malheureusement, ça peut arriver partout et n'importe quand. On ne souhaite pas du tout que cela se reproduise et on met tout en marche justement pour l'éviter. J'espère vraiment que la police pourra trouver rapidement celui qui a fait ça", conclut-elle.

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