Du jardin familial au meilleur club du monde: portrait de Janice Cayman, pilier des Red Flames

 
Janice Cayman
 

Janice Cayman est un pilier de l’équipe nationale féminine. Du haut de ses 107 sélections, elle est actuellement la 4e personne la plus capée de l’histoire du football belge (hommes et femmes confondus) derrière Axel Witsel (110), Aline Zeler (111) et Jan Vertonghen (123). Excusez du peu.

Une passion pour le foot qu’elle a développé depuis toute petite, bien entourée de son père et de ses trois frères qui jouaient déjà. "Depuis l’âge de 5 ou 6 ans j’ai commencé en club et aujourd’hui je continue encore."

Comme de (très) nombreuses petites filles, Janice a fait ses armes dans les équipes de garçons. "Au début, les équipes adverses ne remarquaient pas que j’étais une fille même si j’avais un palmier comme cheveux" se souvient-elle, en faisant référence à sa coiffure apparemment très exotique.

Une mixité qui ne l’a pas dérangée, au contraire. Celle qui est maintenant « la plus vielle des Flames », d’après ses propres mots, garde même un bon souvenir de cette période. "Jusqu’à mes 13 ou 14 ans j’étais la seule fille de l’équipe. C’était tout le temps avec les garçons mais à cet âge-là c’est bien de jouer avec eux. J’ai que des bons souvenirs de ce temps-là."

Comme tous les jeunes, Janice avait son idole. "Je me souviens qu’à l’époque la joueuse [emblématique] c’était Femke Maes et quand j’ai été appelée pour la première fois avec les A j’avais un peu la pression de jouer avec elle mais une pression positive. Elle était vraiment sympa comme coéquipière et super forte comme joueuse."

Je crois que mon grand frère était un peu jaloux

A 32 ans, Janice est sous contrat avec l’Olympique Lyonnais jusque juin 2022. Le club français est probablement le meilleur du monde, en tout cas d’Europe tant les Lyonnaises règnent sans partage sur le Vieux Continent. La Ligue des Champions féminine de l’UEFA a été créée en 2010. En 11 éditions, Lyon a été 9 fois finaliste et vainqueur à 7 reprises, dont les 5 dernières éditions.

Pour rejoindre un club d’un tel niveau, Janice a pu compter sur son talent, bien sûr, mais aussi sur le soutien indéfectible de sa famille. "Ils m’ont toujours soutenu à fond et continuent de le faire aujourd’hui. Mon frère plus âgé je pense qu’il aurait bien aimé faire ça aussi [footballeur pro]. Mais ils sont à fond derrière [moi], ils demandent souvent comment les matchs se sont passés et ils regardent quand ils peuvent. Ça fait vraiment du bien de sentir le soutient de la famille. De toute la famille, les cousins et cousines aussi."

Avant de rejoindre le club le plus prestigieux d’Europe, la numéro 11 des Flames a joué les globe-trotters. Cayman s'est d'abord illustrée aux États-Unis avec les Blues de Pali (2009) et la Florida State University (2009-2012) avant un premier passage en France à Juvisy (2012-2016).

Elle est ensuite retournée aux USA, au Western New York Flash, avec qui elle a remporté la National Womens Soccer League en 2016. Elle est finalement revenue en Europe à Montpellier en 2017 avant de signer à Lyon en juin 2018. Un club où elle se sent bien et où elle est "motivée de continuer à gagner des titres".

Ses armes, la native de Brasschaat les a faites aussi en équipe nationale. "Je pense que c’était avec les U17 ou les U19 à l’époque. On recevait les lettres [de convocation] par la poste et à partir de là je savais que je pourrais m’entraîner avec les meilleures jeunes du pays donc c’était un sentiment très cool et beaucoup de plaisir d’aller sur le terrain pour montrer ce dont j’étais capable."

L’Union Belge envoyait donc des lettres à l’époque, une pratique qui s’est perdue, n’en déplaise aux romantiques. "Maintenant c’est un sms puis un mail pour expliquer le programme. Ça a un peu changé mais j’ai encore les lettres chez mes parents et ça reste des bons souvenirs."

"Un honneur de porter le maillot de la Belgique et de chanter la Brabançonne"

Dans une carrière de sportif, il y a des moments que l’on n’oublie pas. Porter pour la première fois le maillot de son pays en est un. "Oui, c’est un vrai honneur et la première fois qu’on chante la Brabançonne c’est un moment qu’on n’oubliera jamais. Pour moi c’est que du plaisir et de l’honneur d’être sur le terrain avec le blason de l’équipe nationale."

Le moment de l’hymne national est toujours un moment spécial et vécu différemment selon les sportifs. Janice, elle, le chante. "Dans notre équipe je pense que tout le monde chante. Certaines en français, d’autres en flamand. Pendant l’Euro aux Pays-Bas on a décidé de chanter dans les deux langues. Pour moi c’est encore un boost pour le match et être dans ce moment-là, de chanter la chanson du pays c’est quelque chose de spécial."

Avec son rôle d’aînée chez les Flames, Janice occupe un rôle de mentor pour les nouvelles joueuses. Une nouvelle génération qui "a plus de moyen que nous on avait à l’époque. Mais nous-mêmes on avait plus de moyens que la génération de Femke Maes." Preuve que le football féminin continue de se développer et semble aller dans la bonne direction.

Malheureusement, des points noirs subsistent et la question des salaires en est un. La majorité des joueuses belges, y compris celles de l’équipe nationale, doivent avoir un deuxième boulot. Une situation aberrante quand on connait les sommes que brassent leurs homologues masculins. "C’est dommage qu’en Belgique on ne puisse pas encore être vraiment pro. On est un peu toutes passées par là. J’espère qu’un jour en Belgique les filles seront pros et qu’elles pourront se concentrer uniquement sur le foot. Ça se reflètera sur le championnat mais aussi sur les Flames."

Pourtant, malgré ces difficultés, le message qu’elle souhaite envoyer à toutes celles qui rêvent d’un jour porter aussi le maillot national est plus qu’encourageant. "Continuer à aimer le foot, travailler dur et toujours repousser ses limites parce qu’on peut se surprendre nous-même de jusqu’où on peut aller."

Qualifiée pour l’Euro2021 (qui sera finalement l’Euro 2022), nos Flames ont l’objectif de faire mieux que lors de l’Euro 2017 où elles avaient battu la Norvège mais n’étaient pas sorties des poules. "On est déjà allé à un Euro, on a appris pas mal de choses et on a grandi depuis donc l’objectif c’est de mieux commencer le tournoi."

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