Ligue des champions: voici Marlos, la dernière pépite brésilienne dont l'AS Rome devra se méfier ce soir

Ligue des champions: voici Marlos, la dernière pépite brésilienne dont l'AS Rome devra se méfier ce soir

Willian, Fernandinho, Brandao et maintenant Marlos. La dernière pépite brésilienne du Shakhtar n'est pas venue à Donetsk seulement pour se faire un nom, mais aussi une... nationalité. Après s'être attaché au pays, il joue désormais pour l'Ukraine.

Marlos Romero Bonfim s'inscrit dans cette longue lignée des garimpeiros auriverde venus chercher l'or au pays du charbon.

Formé à Coritiba, l'enfant de Sao Jose dos Pinhais (surd du Brésil) a d'abord migré à Sao Paulo. Spectaculaire mais irrégulier dans l'une des grosses écuries du pays, il s'est décidé en 2012 à faire le grand saut au fin fond de l'Europe. D'abord au Metalist Kharkiv, puis au Shakhtar deux ans plus tard, où, cette fois, il est rapidement devenu incontournable.

Joueur de l'année ces deux dernières saisons, réputé pour ses dribbles soyeux, buteur à 40 reprises en 158 matches, le milieu offensif de 29 ans est peu à peu devenu la figure de proue de la légion étrangère du Shakhtar qui compte notamment huit autres Brésiliens et deux Argentins.

"Il est magique", jubile sans hésitation son entraîneur Paulo Fonseca, un portugais qui a facilité son intégration à l'extrême est de l'Europe.

Avec son porte-bonheur, Donetsk s'est même pris à rêver un peu plus d'un 2e quart de finale de Ligue des champions dans son histoire après la victoire 2-1 contre la Roma à l'aller.

Un "exploit" qui rappellerait l'unique précédent de 2011 contre le Barça, mais qui serait toutefois à remettre dans son contexte puisque l'équipe phare du Donbass a déjà dominé à domicile Manchester City en poule, et s'est imposée en infériorité numérique chez le Feyenoord.

En février, quatre buts et trois passes décisives en trois sorties lui ont logiquement valu le titre de joueur du mois.


"Leur sens de l'accueil" 

"Ce prix me rend très fier parce qu'il montre que mon travail est reconnu, appréciait le joueur il y a une semaine dans le journal brésilien Lance. Je ne peux que remercier le club, j'ai été très bien accueilli par tout le monde, dès le premier jour".

Le club, écartelé au quotidien entre trois villes ces deux dernières années en raison de la guerre civile qui ravage l'Ukraine, est également en course pour conserver son titre national.

Des prestations répétées semaine après semaine qui ont fini par attirer l'attention d'une fédération ukrainienne vers un joueur passé au travers des filets de la Seleçao.

"Si cela arrive (d'être appelé par l'Ukraine, ndlr), ce sera un peu mon cadeau aux Ukrainiens pour les remercier de leur sens de l'accueil", disait-il ainsi en 2016, en forme d'appel du pied.


"Stupide de ne pas appeler un tel joueur"

En septembre 2017, le rêve a commencé à devenir réalité. Une nouvelle fois oublié dans son pays natal, il est d'abord naturalisé ukrainien et un mois plus tard il décroche sa première sélection contre le Kosovo dans les éliminatoires du Mondial-2018 auquel ne participeront finalement pas les lointains héritiers d'Oleg Blokhine. Deux autres capes vont suivre.

Un geste qui va droit au coeur de la population, plus habituée à voir ses Brésiliens repartir qu'à s'installer. Et encore plus avec les troubles qui minent le pays sur fond de séparatisme de la région pour passer dans le giron russe.

"L'Ukraine traverse une période compliquée et de nombreux sportifs partent, adoptent d'autres nationalités, commente ainsi la légende locale Andrei Shevchenko. Mais Marlos, au contraire, a lié son avenir au futur de notre pays. Cela aurait été vraiment stupide de ne pas appeler un tel joueur".

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