Des documents soumis au registre commercial britannique et dévoilés mardi font resurgir la perspective d'un possible rachat de Newcastle, club de football actuellement en première division anglaise, avec des fonds saoudiens.
Le groupe PCP Capital Partners, de la femme d'affaires britannique Amanda Staveley connue pour ses liens avec le Moyen-Orient, a été autorisé à entrer à nouveau en négociations avec le propriétaire du club Mike Ashley, selon les documents soumis la semaine dernière au registre commercial britannique (Companies House).
Ce groupe avait échoué en 2017 à racheter le club à son propriétaire controversé dans un feuilleton largement commenté dans les médias.
En janvier, les médias britanniques avaient évoqué des tractations entre l'homme d'affaires et PCP au sujet d'une vente du club pour 340 millions de livres (environ 390 millions d'euros), dont la majeure partie aurait dû être avancée par un fonds d'investissement de la monarchie pétrolière.
Newcastle United est actuellement détenu par Mike Ashley, qui a repris le club en 2007 pour 150 millions d'euros. Le propriétaire, à la tête d'une société de vêtements sportifs, n'est pas très populaire parmi les supporters des 'Magpies', qui ne jouent plus les premiers rôles dans le championnat et ont même été relégués deux fois au cours des dix dernières années.
En Angleterre, tout le monde ne voit pas d'un bon oeil cette possible reprise. Mohammad bin Salman est en effet le président du fonds d'investissement PIF. Le riche prince héritier d'Arabie Saoudite est soupçonné par le service de renseignement américain de la CIA d'être impliqué dans le meurtre, survenu en Turquie, du journaliste Jamal Khashoggi, critique envers le régime saoudien.
Les plans de Mohammad bin Salman pour Newcastle United ne sont pas encore clairs. Sa fortune estimée est encore plus grande que celle Cheikh Mansour bin Zayed Al Nahyan, propriétaire de Manchester City originaire d'Abu Dhabi.
La monarchie saoudienne, dont l'économie est ultra-dépendante du pétrole, mène depuis plusieurs années une offensive économique pour devenir un acteur de poids dans le sport, une initiative critiquée par les défenseurs des droits humains pour qui le royaume se sert du sport pour blanchir son image.
L'Arabie saoudite a ainsi organisé récemment le rallye Dakar, le combat de boxe pour le titre mondial entre Anthony Joshua et Andy Ruiz et plusieurs matches de football.

