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Tour d'Italie: Bernal voltige sur les "chemins blancs"

Un numéro de voltige et de puissance: Egan Bernal, irrésistible sur les "chemins blancs" de Toscane, a conforté son maillot rose de leader du Tour d'Italie, mercredi à Montalcino, où il a distancé tous ses rivaux dans la 11e étape.

Principale victime de cette étape gagnée par le néo-professionnel suisse Mauro Schmid, le Belge Remco Evenepoel a perdu plus de deux minutes, tout comme le Français Romain Bardet. Les autres candidats (Vlasov, Carthy, S. Yates) ont limité la perte à une vingtaine de secondes mais ont subi la loi du jeune Colombien, très à l'aise tout au long de cette journée à la hauteur des attentes.

"Il reste dix étapes, et toutes les grandes ascensions", a relativisé Bernal qui a porté son avance à 45 secondes sur le Russe Aleksandr Vlasov au classement général. Evenepoel, son plus grand rival au départ de l'étape, a reculé de la 2e à la 7e place, à près de deux minutes et demie.

Ancien médaillé mondial en VTT dans la catégorie juniors, Bernal est resté constamment dans les premiers rangs du peloton des favoris sur les quatre secteurs de terre et de graviers, 35 kilomètres répartis sur les 70 derniers kilomètres de cette étape dans la campagne toscane. Au contraire d'Evenepoel, distancé dans une descente sur le premier secteur abordé tête baissée par l'Italien Filippo Ganna pour le compte de Bernal.

L'alerte pour Evenepoel, revenu avec l'aide de ses équipiers, a sonné de nouveau sur la troisième partie, à une vingtaine de kilomètres de l'arrivée. Fatigué, apparemment excédé au point d'en jeter son oreillette, le jeune Belge (21 ans), qui a payé son expérience limitée du cyclisme qu'il a découvert sur le tard, a dû son salut au Portugais Joao Almeida qui l'a aidé jusqu'à l'arrivée.

- Schmid se révèle -

A l'avant, Bernal s'est retrouvé au pied de la montée vers la bourgade de Montalcino en infériorité numérique au sein du groupe qui comprenait encore trois coureurs de l'équipe EF Education (Carthy, Guerreiro, Bettiol). Le Colombien, dont l'équipe avait beaucoup travaillé auparavant, a eu la sagesse d'attendre les dernières pentes pour fondre sur l'Allemand Emanuel Buchmann qui avait pris les devants et s'affirmer le plus fort du jour.

"Le plus compliqué dans ce genre d'étape, c'est mentalement", a-t-il commenté ensuite. "Il faut trouver le bon équilibre, être concentré en permanence, ne pas prendre trop de risques. C'est tout cela qui est difficile".

Onzième de l'étape, le porteur du maillot rose a partagé les honneurs du jour avec Schmid, un jeune Suisse de 22 ans qui n'avait encore jamais gagné au niveau international en juniors, espoirs ou dans le peloton WorldTour qu'il a rejoint en début d'année dans le WorldTour sous les couleurs de l'équipe Qhubeka.

"Je n'ai su que deux semaines avant le départ que j'allais courir le Giro", s'est félicité Schmid. "J'ai beaucoup souffert mais aujourd'hui je voulais vraiment passer à l'attaque parce que j'aime beaucoup courir sur les chemins de terre".

Deuxième Suisse à gagner une étape cette année (après Gino Mäder), Schmid est le plus jeune vainqueur d'étape du Giro depuis l'Italien Giulio Ciccone (21 ans en 2016).

Jeudi, la 12e étape relie Sienne à Bagno di Romana sur 212 kilomètres d'un parcours vallonné, favorable aux baroudeurs. Avec la quatrième et dernière ascension, le Passo del Carnaio, à l'entrée des dix derniers kilomètres.

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