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JO-2024: les travaux de la piscine d'entraînement d'Aubervilliers peuvent reprendre

JO-2024: les travaux de la piscine d'entraînement d'Aubervilliers peuvent reprendre
Les employés de la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) sur le chantier du future Village olympique à Saint-Ouen, le 14 octobre 2021 SARAH MEYSSONNIER
 
 

Après un faux départ, les travaux de la piscine d'entraînement à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), censée accueillir les athlètes des Jeux olympiques de Paris-2024, ont obtenu mardi le feu vert de la justice administrative, et doivent désormais tenir le calendrier.

Sur une partie du site du Fort d'Aubervilliers, au cœur de l'une des communes les plus pauvres de la région parisienne, ouvriers et pelleteuses vont pouvoir reprendre du service pour construire le centre aquatique.

"Le juge des référés a accédé à la demande de la commune d'Aubervilliers et levé les effets de la suspension qu'il avait ordonnée le 20 septembre, ainsi que l'injonction de mettre fin aux travaux concernés. Les travaux du centre aquatique peuvent donc légalement reprendre", a indiqué la cour administrative d'appel de Paris dans un communiqué.

Cette juridiction, compétente pour trancher les contentieux liés aux JO, a estimé avoir obtenu suffisamment de gages de la part de la Ville d'Aubervilliers, porteuse de ce futur équipement qui sera accessible au grand public après l'évènement sportif mondial.

Dans ce département, 60% des enfants ne savent pas nager à leur entrée en sixième (autour de 11 ans), notamment faute d'infrastructures.

La Ville n'a pas pris le risque d'attendre début décembre, et l'audience au fond, pour changer son cap. Après la suspension des travaux, elle a proposé un permis de construire modificatif et des changements dans le projet, à commencer par la suppression d'un restaurant annexe à la piscine, désormais supprimé au profit d'un "espace forme et bien-être".

"Je me félicite de la décision du juge des référés qui a pris en considération le sérieux de notre dossier que nous avons fait évoluer par rapport au projet initial monté par la majorité précédente", a déclaré la maire (UDI) Karine Franclet, "convaincue de la nécessité" de la piscine.

Ces changements sont toujours jugés insuffisants par les deux associations de défense de l'environnement et les trois jardiniers à l'initiative de la procédure en urgence contre le projet, qui implique la destruction d'environ 4.000 m2 de parcelles de jardins ouvriers vieux d'une centaine d'année.

La majorité des jardiniers concernés ont été déplacés vers d'autres parcelles voisines par Grand Paris Aménagement, propriétaire du terrain.

- Subventions olympiques -

Pas de quoi calmer la colère des opposants, qui dénoncent l'artificialisation des sols dans une zone déjà densément peuplée. Ils demandent la révision complète du projet, dont le solarium empiète sur les potagers.

Le feu vert accordé au chantier "est la démonstration que la loi olympique, qui est au-dessus de tout, sacrifie la qualité de vie des populations concernées", déplore auprès de l'AFP Jean-Marie Baty, président du MNLE 93 (Mouvement national de lutte pour l'environnement).

Un autre dossier olympique a connu un revirement similaire. En avril, la même juridiction avait interrompu les travaux du village des médias à Dugny, également en Seine-Saint-Denis. Après l'étude du dossier au fond, elle avait fait machine arrière, autorisant la reprise du chantier trois mois plus tard.

Les remous judiciaires ont un autre impact pour la piscine, engagée dans une course de vitesse. Pour être estampillée ouvrage olympique, elle doit s'inscrire dans le calendrier, déjà serré.

Sans quoi il lui sera impossible de prétendre aux subventions de la Solideo (la société chargée de livrer les ouvrages pour les JO-2024), qui doit verser un tiers des 33 millions d'euros nécessaires à sa construction.

De son côté le Comité d'organisation Paris-2024 (Cojo) avance prudemment sur ce dossier, assurant que la piscine sera utilisée si elle est prête. Dans le cas contraire, une autre solution serait trouvée, affirme-t-il.

En mars, le projet de piscine olympique de Noisy-le-Sec était tombé à l'eau, aussitôt remplacé par la piscine de Montreuil comme site d'entraînement.


 




 

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