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Euro de natation: Gastaldello rayonne enfin

Euro de natation: Gastaldello rayonne enfin
La Française Béryl Gastaldello, lors des Championnats d'Europe de natation en petit bassin, le 7 décembre 2019 à GlasgowANDY BUCHANAN
 

Béryl Gastaldello rayonne enfin : la sprinteuse, qui se relève d'une sévère dépression, collectionne les médailles aux Championnats d'Europe en petit bassin, à Glasgow (Ecosse), elle qui ne s'était jamais hissée sur le moindre podium international individuel jusque-là.

Au lendemain de sa médaille d'argent sur 50 m nage libre, le revenant Florent Manaudou s'est lui classé cinquième de la finale du 50 m papillon (22.42), après avoir signé le deuxième chrono des séries, puis le meilleur des demi-finales.

Avant la compétition écossaise, le palmarès de Gastaldello (24 ans) était vierge de toute médaille internationale individuelle.

Les choses ont bien changé en quelques jours pour la Texane d'adoption : elle s'est offert trois médailles d'argent en autant de courses individuelles, sur 50 m papillon, 100 m, puis 50 m dos samedi, souvent avec record personnel, voire record de France (26.00 sur 50 m dos) en prime.

Et ce n'est peut-être pas fini. Car Gastaldello s'est qualifiée pour la finale du 100 m papillon programmée dimanche en rabotant son record personnel de plus d'une seconde (56.97) et elle nagera également le 50 m.

A sa réussite individuelle, il faut ajouter deux autres médailles en relais, l'une en or, avec le 4x50 m dames, l'autre en bronze samedi, avec le 4x50 m mixte, associée à Manaudou, Maxime Grousset et Mélanie Hénique.

- "C'est mon tour" -

Enchaîner les courses jusqu'à plus soif - elle en est à quatorze plongeons, "c'est un challenge mental et c'est ce qui me plaît", résume celle qui se définit comme hyperactive, et surfe sur sa belle forme (3 records de France) exposée en ISL, le circuit professionnel lancé cet automne en petit bassin. Au point de devenir la tête d'affiche de son équipe, les Los Angeles Current, une des quatre qualifiées pour la finale fin décembre à Las Vegas.

Encore profondément rongée par la dépression en début d'année dernière, Gastaldello revient de loin.

"J'étais tombée très, très bas. Je n'avais plus aucun contrôle de mon corps. On m'a tout de suite mise sous médicaments", confiait-elle il y a quelques mois.

Mais "le gros travail psychologique" engagé depuis un an et demi porte ses fruits.

"Je suis encore un petit peu en difficulté mais ça va beaucoup mieux. J'ai beaucoup plus d'énergie. Je reprends ma vie normale, je dors mieux, je m'entraîne mieux, je récupère plus vite... Tout va mieux, explique-t-elle. Il y a eu la mononucléose, la perte de mon papa (en 2016, ndlr)... J'attendais que la roue tourne, je l'ai faite tourner. Je pense que c'est mon tour. Je vais essayer de continuer sur cette lancée."

- Manaudou "beaucoup plus libéré" -

Pour Manaudou (29 ans), qui n'a replongé qu'il y a huit mois après deux ans et demi sans natation, avec l'ambition de reconquérir l'été prochain à Tokyo l'or olympique du 50 m, la journée a apporté plusieurs satisfactions.

Celle d'avoir nagé "beaucoup plus libéré" que la veille, quand il s'est incliné en finale du 50 m face à son rival russe Vladimir Morozov (20.66 contre 20.40) et a ressenti "des crampes dues à la tension".

"J'avais l'impression de voler sur l'eau, pas en termes de vitesse, mais de sensations, décrit-il à propos de son 50 m nagé avec le relais mixte. Je ne suis pas crispé. J'ai une nage complètement différente d'hier (vendredi) et j'aimerais avoir ce type de nage en individuel."

Celle aussi de ne pas s'être "senti fatigué" quand il a enchaîné trois cinquante mètres en deux heures samedi soir alors que ça lui "aurait trotté dans la tête avant".

"J'ai besoin de nager, d'enchaîner les courses, les départs, les coulées", estime-t-il.

S'il ne prendra pas le départ du 50 m dos dimanche, il disputera bien le 4x50 m 4 nages messieurs, en position de premier relayeur, en dos justement, en séries.

A la veille de la dernière journée d'épreuves, les Bleus comptent sept médailles, dont deux en or.

 

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